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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 09:02

Parce que rien n'est jamais acquis, et pour répondre à ceux qui par ignorance ou déni  veulent  supprimer cette journée ou la noyer parmi d'autres cérémonies patriotiques en oubliant la spécificité de cette commémoration, il est utile de rappeler :

LOI N° 54-415 DU 14 AVRIL 1954 CONSACRANT LE DERNIER DIMANCHE D'AVRIL AU SOUVENIR DES VICTIMES DE LA DEPORTATION ET MORTS DANS LES CAMPS DE CONCENTRATION DU TROISIEME REICH AU COURS DE LA GUERRE 1939-1945.
L'Assemblée nationale et le Conseil de la République ont délibéré,
 L'Assemblée nationale a adopté,
 Le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
   Article 1 - La République française célèbre annuellement, le dernier dimanche d'avril, la commémoration des héros, victimes de la déportation dans les camps de concentration au cours de la guerre 1939-1945.
   Article 2 - Le dernier dimanche d'avril devient « Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation ». Des cérémonies officielles évoqueront le souvenir des souffrances et des tortures subies par les déportés dans les camps de concentration et rendront hommage au courage et à l'héroïsme de ceux et de celles qui en furent les victimes.
La présente loi sera exécutée comme loi de l'État.

Fait à Paris, le 14 avriL 1954.
Par le président de la République,
René Coty
Le président du Conseil des ministres,
Joseph Laniel
Le ministre des Finances et des Affaires économiques,
Edgar Faure
Le ministre des Anciens combattants et Victimes de la guerre,
André Mutter

 

Le dernier dimanche d'avril a été retenu en raison de sa proximité avec la date de la libération de la plupart des camps, et aussi parce que cette date ne se confondait avec aucune autre célébration nationale ou religieuse.

Dates de libération des principaux camps :

17 janvier 1945 : le camp d'Auschwitz a été libéré par les Soviétiques

06 avril 1945 : Début de l'évacuation de Neuengramme

11 avril 1945 : Libération de Buchenwald et Dora par les Américains

15 avril 1945 : Libération de Bergen-Belsen par les Anglais

21 avril 1945 : Libération de Flossenburg par les Américains

22 avril 1945 : Libération de Sachsenhausen par les Soviétiques

29 avril 1945 : Libération de Dachau par les Américains

29 avril 1945 : Libération de Ravensbrück par les Soviétiques

05 mai  1945 : Libération de Mauthausen par les Américains

05 mai  1945 : Libération de Gross Rosen par les Soviétiques

08 mai  1945 : Libération de Theresienstadt par les Soviétiques

 

L'exposé des motifs de cette loi en dégageait les objectifs : rappeler à tous l'horreur de la déportation et les leçons qu'il convient d'en tirer pour que de tels faits ne se reproduisent plus jamais : Il importe de ne pas laisser sombrer dans l'oubli les souvenirs et les enseignements d'une telle expérience, ni l'atroce et scientifique anéantissement de millions d'innocents, ni les gestes héroïques d'un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, de travaux épuisants et de sadiques représailles, non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux..

 

L'organisation de cette journée incombe dans les départements au Préfet en concertation avec les associations de la Mémoire,  les enseignants sont invités à expliquer aux enfants et aux jeunes le sens de cette cérémonie en évoquant l'histoire de la déportation et du système concentrationnaire, et à les inciter à participer par la lecture de textes et de poémes aux cérémonies organisées dans les communes. Les rassemblements se font autour des monuments, stèles et plaques commémoratives, des allocutions sont prononcées, des poémes de déportés sont lus, le chant des Marais et la Marseillaise, ainsi qu'un dépôt de gerbes complètent la cérémonie.

 

 

 

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Published by jean lafaurie - dans MEMOIRE 1940-1945
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 08:58

26 avril 2015

Commémoration du 70ème Anniversaire de la libération

des camps de Déportation

Monsieur le Ministre-député-maire de Provins

Madame la Sous-préfète

Messieurs les élus

Mesdames et Messieurs les représentants de la Gendarmerie Nationale

De la Police Nationale et du corps des Sapeurs pompiers

Amis du Monde Combattants et du Souvenir Français

Mesdames, Messieurs

Nous voici de nouveau réunis pour nous souvenir et commémorer ce 70ème anniversaire de la libération des camps d’Extermination et de Concentration, bien que le premier camp libéré, celui de Natzweiler-Struthof l’ait été le 23 novembre1944. Mais lorsque l’on parle de ce camp situé sur une portion annexée du territoire Français, ce camp particulièrement dur car classé NN, peut-on parler de libération quand on sait que les Armées Américaines et Françaises ont découvert en y arrivant plus de cadavres et de moribonds que de déportés aptes à les accueillir. 10 jours avant l’arrivée des libérateurs 7.000 déportés qui pouvaient tenir debout ont été jetés sur la route pour une marche forcée vers Dachau. Parmi eux le Général Charles Delestraint et Gabriel Piguet évêque de Clermont-Ferrand. Ils ne seront que 3.157 à l’arrivée.

40.000 déportés NN sont passés par ce Camp, 22.000 y ont trouvé la mort, parmi eux le Général Aubert Frère et le Général Paul Jouffrault.

Le 2ème camp libéré, le 27 janvier 1945, est celui d’Auschwitz. « Auschwitz, Auschwitz O Syllabes sanglantes ! » dira Aragon dans un poème. Là aussi parler de libération, quand on sait qu’il y a eu 1 Millon cent mille juifs morts dont 200.000 enfants, que 900,000 sont passés directement des wagons à la chambre à gaz. A ce chiffre déjà monstrueux il faut ajouter plus 300.000 non juifs mais Tsiganes, Témoins de Jehova, Homosexuels et Communistes qui eux aussi sont passés par les chambres à gaz et les fours crématoires.

Quand les Soviétiques pénètrent dans ce camp ils ne trouvent que 7.650 malades, plus de 5.000 mourront dans les jours qui suivent. Là aussi, le 18 janvier 1945, les nazis jetèrent sur la route les 200.000 déportés hommes et femmes capables de marcher. Pour le plus grand nombre ce sera la marche de la mort.

Le 3ème camp libéré est celui de Buchenwald, le 13 avril 1945, en partie par la résistance intérieure organisée par le colonel Frédéric-Henri Manhès et Marcel Paul. Quand les blindés Américains arrivèrent, la résistance du camp leur livra les 200 SS qu’ils avaient fait prisonniers. Pour soustraire les déportés à la libération, les Nazis en avaient embarqué 3.000 dans un convoi fait de wagons tombereaux sans toiture avec trois jours de vivre

Il y avait 3.000 morts à l’arrivée en Gare de Dachau. La route d’un autre groupe de 3.000 déportés partis à pieds en direction du camp de Dachau, sera jalonnée de 2.786 cadavres, sur les 214 arrivés à Dachau, 112 sont morts dans les jours qui suivirent. Plus de 80.000 déportés sont passés par ce camp, dont 25.150 Français. 56.000 déportés y ont trouvé la mort.

Une des spécialités de ce camp était le tannage de peaux humaines tatouées. Jorge Samprun dans un livre-témoignage raconte : Dans les wagons aux milieux de cadavres, il y avait une quinzaine d’enfants juifs, 8 à 10 encore vivants, les SS ont lâchés les chiens sur eux en les excitant, les enfants ont couru pour leur échapper. Ne sont restés debout que deux enfants, le plus grand a pris le petit par la main, les SS les ont tués à coups de matraques, ils sont morts en se tenant la main.

Le 4ème camp libéré le 15 avril 1945, le fut par les troupes Britanniques : c’est celui de Bergen-Belsen : Ce camp prévu pour 20.000 détenus en comptera 60.000 début janvier 1945. Plus de 150.000 déportés sont passés par ce camp, plus de 70 000 malades y sont morts, parmi eux, Anne Frank et sa sœur Margot, mais aussi deux députés Français Claude Jordery et Auguste Malroux. Après la libération le typhus fera encore de nombreux morts.

Le 5ème camp libéré, le 22 avril 1945, par l’Armée Soviétique est celui de Sachsenhausen, il ne restait plus que 3.000 déportés dont 1.400 femmes, complètement décharnés, incapables de tenir debout. Pour soustraire ceux qui pouvaient encore marcher d’une libération qu’ils savaient imminente, les nazis jetèrent 43.000 déportés sur les routes menant à Wittsock et Lubeck.

Ecoutez les réponses du chef de ce camp aux questions posées par Procureur Général du Tribunal de Nuremberg :

Combien de prisonniers ont été exterminés sous votre commandement ?

42.000 et 8.000 malades abandonnés sont morts de faim dans la même période.

Avez-vous reçu l’ordre de détruire le camp pour effacer toutes traces ?

Oui le 1er février j’ai reçu l’ordre de détruire le camp

Auriez-vous exécuté cet ordre ?

Cela va de soi. Mais c’était impossible, un bombardement aurait été remarqué par la population.

Qu’avez-vous fait à la place ?

J’ai ordonné l’extermination de tous les malades inaptes au travail et les prisonniers politiques.

Cela fut-fait ?

Oui fin mars nous avions exterminés 5.000 personnes.

Combien de prisonniers se trouvaient encore dans le camp ?

Environ 43.000. Le 18 avril j’ai reçu l’ordre de les conduire par groupe de 400 jusqu’à Lubeck où ils devaient être embarqués sur des péniches, et de les conduire jusqu’à la Mer Noire pour y être coulés mais nous manquions de péniches.

Qu’avez-vous fait ?

J’ai décidé de les embarquer sur un navire et de le conduire jusqu’à la mer noire pour le couler comme les péniches.

En fait le navire et une péniche contenant 6.000 déportés ont été coulés par un bombardement de la Royal-Air-Force qui a cru que les Nazis prenaient la fuite par ce moyen.

Le 6ème camp libéré, le 29 avril, par une unité du 3ème Bataillon de la 157ème division de la 7ème Armée Américaine sous le commandement du Colonel Félix Sparke, c’est le camp de Dachau. Le 30 avril, c’est celui d’Allach camp annexe situé à 10 kilomètres de Dachau.

Dachau est le premier camp de l’aire Hitlérienne, inauguré le 22 mars 1933, il est conçu à l’origine pour recevoir onze mille prisonniers politiques allemands : des députés communistes, des socialistes et tous les démocrates opposant au système Hitlérien.

Le 22 juin 1944 quand mon convoi est arrivé à Dachau il y avait 37.000 détenus dans le camp, et 40.000 dans les commandos extérieurs. Nous couchions à trois sur des châlits de 70 centimètres de large.

Le jour de la libération, il restait 31.437 déportés à Dachau et 13.500 dans le camp annexe où je me trouvais. 250.00 sont passés dans ce camp, 73.000 y ont trouvé la mort

Le 19 avril, I0 jours avant l’arrivée de nos libérateurs, le Général Charles Delestraint et 9 officiers tchèques ont été lâchement assassinés par les SS.

Les soldats américains rendus fous par ce qu’ils découvraient tuèrent 39 SS

Voilà ce qu’écrit le journaliste de l’armée, Chuck Ferrée : Nous étions à trois kilomètres du camp ; mais nous pouvions déjà sentir quelque chose de désagréable. Je montai dans la Jeep avec un sergent et nous suivîmes la voiture du commandant. Le premier endroit où me mena le sergent confirma les pires des rumeurs, des wagons et des cadavres entassés dans des positions grotesques, sur ces corps, la forme des os apparaissait clairement sous la peau, il n’y avait plus de chair sur les os. Plus loin nous trouvâmes la preuve des monstruosités commises par les SS, des corps entassés pêle-mêle remplissaient deux pièces à ras-bord, heureusement pour nous il faisait froid, sans ce froid l’odeur des cadavres aurait été impossible à supporter.

Quelques jours après l’arrivée de nos libérateurs une section sanitaire s’est mise en place pour détecter les malades. Quand je suis monté sur la balance j’ai vu qu’elle affichait 35 kilos alors que j’en faisais 70 à l’arrivée. On m’aurait ce jour là dit que 70 ans plus tard je serai encore de ce monde, je ne l’aurais surement pas cru, et pourtant je suis bien là.

Le 26 avril 1945, à l’heure où je vous parle, j’étais en gare de Munich pour réparer les dégâts fait dans la nuit par les bombardiers américains, nous devions transporter des rails et des traverses bien plus lourdes que nous et à la moindre défaillance les capots étaient là avec leur gourdin pour nous rappeler que la défaillance n’était pas admise. Dans la journée les cheminots allemands qui ne se faisaient plus d’illusion, nous avaient dit que nous serions très vite libérés car les Américains étaient aux portes de Munich.

Le soir sur la route du retour au camp, les Russes, les Ukrainiens et la tête de colonne se sont mis à chanter, et dans leur répertoire la Madelon chantée en Russe, a été reprise par les Polonais, les Italiens et bien sûr par les quelques Français du commando.

Le lendemain 27 avril, ordre est donné aux Russes et Ukrainiens de se rassembler sur la place d’appel pour être conduits sur un autre lieu, en fait à une dizaine de kilomètres ils ont été massacrés à la mitrailleuse.

Le 28 avril, la sirène du camp ne se fait pas entendre et quelques minutes plus tard nous apprenons que les SS et les capots ont quitté le camp. Nos délégués du comité international nous demande de ne pas manifester en dehors des blocs car ils craignent que les SS soient cachés autour du camp et attendent que nous manifestions notre joie pour nous massacrer comme ils l’ont fait pour les Russes.

Le 7ème camp libéré, le 30 avril, est le camp de Ravensbruck, par les Soviétiques. Quand ils arrivent au camp, ils ne trouvèrent que 3.500 femmes et 300 hommes grabataires. Là aussi, 20.000 femmes ont été jetées sur les routes pour des marches forcées. 7.000 ont pu être prises en charge par la croix rouge Suédoise et 13.000 ont été libérées par une unité d’éclaireurs de l’Armée Rouge.

132.000 femmes et enfants sont passés dans ce camp, 90.000 y ont perdu la vie. Geneviève Antonioz de Gaulle déportée dans ce camp raconte dans un petit fascicule, qu’enfermée dans une cellule sans lumière elle gardait du pain pour les cafards qui allant et venant symbolisaient la liberté.

Le 5 mai, ce sont les camps de Mauthausen et Gusen qui sont libérés. 330.000 déportés sont passés par ce camp, 80.000 ont survécu.

Dans ce camp 1.500 hommes sont morts d’une injection de germe du choléra et 3.000 morts après une douche glacée ils ont été mis dehors par un vent glacial.

L’énumération que je viens de faire ne concerne que les camps les plus connus, mais plus d’un millier de camps annexes sous administration de ses grands camps existaient et là aussi les morts se comptent par milliers.

Que je rappelle cette période douloureuse ne veut pas dire que je vis dans le passé, je reste vigilant, des évènements régulièrement rappellent que tout est toujours possible, même le pire.

L’antisémitisme, le racisme, la xénophobie sont des idées qui font recette dans la crise que nous traversons, nous ne devrions pourtant pas oublier que ses idées porteuses de haine étaient celles du Nazisme et qu’elles ont plongé l’Europe dans le chaos.

La liberté et la paix nous sont si naturelles qu’on en oublie leur fragilité. Jai connu ces camps de la mort lente ou expéditive parce que je ne voulais pas de ce monde au service d’une poignée d’assassins.

Aujourd’hui j’ai peur, pas pour moi bien-sûr, mais pour mes enfants, petits- enfants, arrières petits enfants, et pour tous les enfants du monde qui ont besoin pour s’épanouir, de paix, de fraternité et de liberté.

Jean Lafaurie, le 26 avril 2015

 

mon-album-3266.JPG Le 27 avril 2014, à Nangis.

Cette année 2014, les célébrations feront d’abord penser pour beaucoup au 75ème anniversaire des débarquements en Normandie et en Provence. Nous ne devons pas oublier que l’action conjuguée de la Résistance Intérieure Française a été un élément essentiel de la réussite de ces débarquements.

 Le 70ème  anniversaire de la libération, jour après jour, des villes et villages Français

ne doit pas nous faire oublier une autre réalité de cette année 1944 : l’aggravation

de la répression par les nazis rendus furieux par les défaites subies sur tous les fronts.

Ils arrêtèrent, fusillèrent et déportèrent,  avec l’aide de la milice et la complicité du

gouvernement de Vichy, plus de 45.000 résistants et opposants politiques qui

allèrent rejoindre dans les divers camps de concentration, les 40.000 autres

déportés entre les années 1940 et 1943.  

Les exactions ne s’arrêtent pas là, entre le 16 février et août 1944 plus de 30.000 civils

et résistants seront froidement exécutés par les barbares nazis.

Le 30 mai 1944, a été livré à la division SS Das Reich, un collectif de 1200 Résistants, dont je faisais partie. Venant de diverses régions de France, de diverses sensibilités politiques ou religieuses et représentant toutes les classes de notre société, ouvriers, paysans, commerçants, enseignants, chercheurs, docteurs et petits patrons, nous

étions incarcérés à la prison centrale d’Eysses et tous condamnés à de lourdes peines

de travaux forcés, par les Sections Spéciales : pour acte de résistance.

Pendant 6 heures, voire 8 heures pour les premiers, nous avons été jetés hors du

dortoir et nous sommes restés au garde-à-vous sous un soleil de plomb les deux

mains sur la tête : malheur à celui qui abaissait une main ou fléchissait des genoux !

Les coups de crosses étaient là pour nous rappeler que nous ne devions pas bouger.

A 15 heures, la majorité d’entre nous fut entassée dans des camions militaires

allemands. Malgré tous leurs efforts pour en faire monter davantage, nous sommes

restés une centaine sur place. Les camions sont partis, nous ne savions pas où.

Nous l’apprendrons très vite, car les SS nous encadrent et nous contraignent à

courir derrière les camions qui disparaissent à nos yeux.

Par un camarade qui est de la région nous apprenons que nous sommes sur le

chemin qui conduit à la petite gare de Penne-D’agennais. A mi-chemin le chef SS

nous fait rentrer dans le bois et nous amène dans une clairière où il crie « halte !»

et nous voyons deux soldats mettre à quelques mètres de nous deux mitrailleuses

en batterie. Nous pensons que notre dernière heure est arrivée, et curieusement

la peur ne se lisait sur aucun de nos visages. Quelques minutes plus tard nous

ressortions du bois pour reprendre notre course folle. Un camarade ne pouvant

tenir ce train d’enfer s’écroule, ses camarades tentent de le redresser pour qu’il

continue, mais les SS les obligent à le lâcher et quand les derniers sont passés

un coup de feu claque, c’est notre camarade que les SS viennent d’abattre.

Quelques minutes plus tard, la gare de Penne-D’agennais, cernée par des gendarmes

est devant nous, et nous retrouvons nos camarades partis en camion. Sur la voie

des wagons à bestiaux surchauffés par le soleil qui tape dessus, nous attendent

portes béantes. Accompagnés par les hurlements et les coups de crosse de

nos bourreaux, nous devons y monter, la moindre hésitation s’accompagne d’un coup

de crosse. Nous nous retrouvons à 100 dans l’espace réduit

du wagon avec au centre un demi bidon comme tinette. J’ai encore dans la tête

le bruit sec du verrouillage du wagon.

Nous sommes en sueur, le wagon se transforme vite en étuve. Nous sommes

tous fatigués par les longues pauses au soleil et la course folle, mais il est impossible

de nous asseoir tous. Nous savons que nous allons au camp de Compiègne et ce

voyage qui ne devrait durer que quelques heures,  met en fait 3 jours pour arriver,

à plusieurs reprises notre convoi est mis sur voie de garage : les trains normaux

de voyageurs et de militaires allemands sont prioritaires.

Ce n’est que le 3 juin au petit matin que nous arrivons en gare de Compiègne.

De là, entourés de soldats et d’autos mitrailleuses, nous regagnons le camp de

Royallieu, triste cortège qui traverse la ville. Nous sommes noirs, avant nous les

wagons ont dû transporter du charbon, nous avons les yeux rouges de 3

nuits sans sommeil et les lèvres sanguinolentes.

3 jours plus tard, le 6 juin 1944, c’est le débarquement en Normandie.

Nous ne l’apprendrons que le 12 juin par de nouveaux arrivants qui nous

apprennent aussi la libération de Bayeux.

Nous commençons à rêver d’échapper à la déportation, pas longtemps, le 17 juin nous

apprenons que notre départ est pour le lendemain.

Si ce 6 juin 1944 est synonyme de début de libération de la France, il ne doit pas

nous faire oublier que ce même 6 juin 1944, le chef de la Gestapo, Claus Barbie,

le tortionnaire de Jean Moulin est venu chercher les 44 enfants juifs et leurs 7

éducateurs réfugiés dans cette maison de Izieu dans l’Ain pour les envoyer deux

jours plus tard au camp d’Auschwitz d’où aucun d'eux ne reviendra.

C’est aussi le 6 juin 1944 que 87 Résistants de la maison d’Arrêt de Caen ont été exécutés.

D’autres exactions vont suivre : le 8 juin, 44 personnes sont exécutées à Issendolus

petit village du Lot, 70 autres seront déportées. A Montgueux, 15 personnes sont

exécutées, 29 à Rouffillac et 32 à Rennes.

 Le 9 juin 1944, 72 heures après le débarquement, les barbares nazis de la 2ème 

division SS Das Reich arrivent à Tulle, rassemblent les 5.000 hommes de la commune

et le tri commence :10 par 10, des jeunes sont mis de côté, 120 sont ainsi sortis pour

être exécutés.

Des soldats accrochent aux arbres et lampadaires de la ville des cordes avec nœud coulant. Au Préfet de Tulle qui intervient pour que les otages ne soient pas exécutés

par pendaison, le chef de la section SS Kowatsch a répondu « Nous avons l’habitude

de pendre, nous avons pendu plus de 100.000 Russes entre Kharkov et Kiev ». Il poussera la barbarie jusqu’à exiger que tous les otages assistent à la pendaison du premier groupe. Un témoin raconte que quand un supplicié mettait trop longtemps à mourir un soldat se pendait en riant à ses jambes. 99 otages seront ainsi pendus aux arbres et lampadaires.

Les 21 qui échappent à la pendaison vont rejoindre un groupe de 128 hommes

désignés pour être déportés. 101 n’en reviendront pas.

Ce même 9 juin, 38 habitants de Bretenoux dans le Lot sont exécutés,

56 à Argenton-sur-Creuse, 31 à Janaillat, 11 à Issoudun, 32 à Marsoulas et parmi

eux 6 femmes et 12 enfants.

Entre le 10 et le 12 juin, même sort pour 57 habitants de Trébons et là encore des

femmes et des enfants. Le même jour 100 civils et 238 résistants sont exécutés à Mont-Mouchet et 42 à Ussel.

C’est aussi le 10 juin 1944, que cette même division SS Das-Reich est arrivée à

Oradour-sur-Glane où un autre crime odieux sera perpétré contre les 642 habitants

de ce village martyr. 181 hommes divisés en 6 groupes de 30 seront enfermés dans

6 locaux différents avant d’être exécutés à la mitrailleuse pendant que d’autres SS fouillent et incendient les maisons. Les femmes et les enfants seront enfermés dans l’église, où, au préalable les barbares avaient mis de la paille et une caisse d’explosifs qu’ils allumèrent avant de sortir : 191 enfants et 270 femmes périront dans les

flammes, ceux qui tentent de fuir les flammes sont abattus à la mitraillette. Une femme

et Cinq hommes réussiront à échapper au massacre.

Le même jour à la Ferté-Saint-Aubin, 17 étudiants et 25 résistants sont massacrés

par les nazis.

Dans toute la France les exactions se poursuivent : le 7 juillet, 3 résistants et 5 civils

sont massacrés à Mussidan, 90 à Meilhan, 32 à Portes lés Valence, 46 à Bélâbre.

Plus prés de chez nous, le 24 Juillet, a lieu le massacre des Oblats à la Brosse-Monceaux.

Le 16 août veille de la libération de Paris, 35 jeunes résistants sont massacrés prés

de la cascade du bois de Boulogne.

Et le 25 août, c’est le petit village de Maillé qui est la cible des SS : 40 hommes sont fusillés. Les enfants et les femmes sont exécutés à la baïonnette ou périssent dans

les flammes de leurs maisons incendiées.

Et je pourrais égrener encore et encore de nombreux carnages perpétrés par les

barbares nazis, puisque nous déplorons plus de 30.000 victimes civiles.

1944, fut aussi l’année où les convois de déportés s’accélérèrent, un convoi tous les

deux jours entre avril et mai, 18 convois en juin, 15 en juillet et une dizaine en août.

Je fais partie du convoi de 2.139 résistants partis de Compiègne le 18 juin 1944,

1.200 viennent de la prison centrale d’Eysses dont j’ai déjà parlé. Nous nous

connaissons tous, solidarité et discipline sont nos maîtres mots et grâce à cela nous sommes tous arrivés vivants à Dachau après trois longues journées éprouvantes.

Le 2 juillet, un autre convoi est parti de Compiègne avec 2.162 déportés, certains

raflés quelques jours plus tôt, les autres venant de diverses prisons. Ils ne se

connaissent pas et n’ont pas cette discipline de groupe de notre convoi. Rendus fous

par la soif, ils se sont battus. 846 étaient morts à leur arrivée à Dachau.

D’autres convois vont suivre, et dans chacun d’eux il y aura des morts. Le dernier de la

région parisienne partira de la gare de Pantin le 16 août et sera arrêté dans le tunnel de

Nanteuil bombardé par la Royal-air-force. Les détenus devront à pieds, rejoindre un convoi de remplacement, tout en portant les bagages des soldats et soldates

allemands fuyant la France en emportant ce qu’ils avaient volé.

Le dernier train partira le 25 août de Bordeaux et pour éviter les villes libérées, il fera

de nombreux détours et mettra 27 jours pour arriver en Allemagne.

 Que cherchons-nous à travers la remémoration de ces évènements tragiques vieux

de 70 ans ?

Simplement à rappeler encore et encore que si nous baissons notre vigilance, le

scénario d’il y a 74 ans, qui a plongé notre pays et l’Europe entière dans le chaos

risque de se reproduire, car comme l’a dit le dramaturge Bertolt Brecht :

«Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

Il y a encore de par le monde des apprentis dictateurs. En Grèce, le Parti Aube dorée

qui se prétend héritier d’Hitler et des idées Nationales Socialistes a fait son entrée au parlement Grec avec 12 députés. Dans 18 pays allant de la Suisse à la Serbie,

l’extrême-droite ultranationaliste, raciste, antisémite et xénophobe engrange des

succès électoraux qui s’inscrivent dans la durée.

En France le F.N gagne du terrain à chaque élection. Avons-nous oublié que

M. Le Pen considère les chambres à gaz et les fours crématoires où ont péri

72.000 juifs (dont 2000 enfants) sur les 75.721 déportés partis de France et 52.000 Résistants et Opposants sur les 85.000 déportés de France comme

« un simple détail de l’histoire » ?

Avons-nous oublié que dans une interview au journal « Rivarol » oubliant les

massacres de Tulle, Oradour-sur-Glane, Maillé et combien d’autres, M. Le Pen

déclarait :

"qu’en France l’occupation allemande n’avait pas été particulièrement inhumaine" ?

Voir ces partis populistes gagner des voix à chaque élection devient préoccupant

pour la France, l’Europe et toutes les démocraties.

« Attention ami, je l’ai vue.

Méfie-toi : la bête est revenue !

C’est une hydre au discours enjôleur

Qui forge une nouvelle race d’oppresseurs.

Y’a nos libertés sous sa botte.

      Ami, ne lui ouvre pas ta porte… »

chantait Pierre Perret en 1998.

 

Le 4 septembre 2013, nous avons  vu à la télévision ce village martyr d’Oradour-sur-Glane et les deux Présidents : l’Allemand Joachim Gauk et François Hollande

serrant dans leurs bras Robert Herbas l’un des 6 rescapés de la Barbarie nazie.

Je revois ce bloc formé par ces trois hommes dans cette nef sans toit, et j’entends

notre Président dire dans son discours à l’adresse du président Allemand :

« Vous êtes la dignité de l’Allemagne d’aujourd’hui, capable de regarder en face la barbarie nazie d’hier. Aujourd’hui votre visite confirme que l’amitié entre nos deux pays

est un défit à l’histoire et un exemple pour le monde entier ».

Ces propos tenus par notre président rappelaient une conviction que nous partageons tous. Une conviction qui est aussi une promesse que nous devons renouveler

génération après génération au nom des sacrifices de ceux qui ont permis aux générations qui ont suivi de vivre dans la paix et la liberté.

  " Donnez- moi la mémoire "

  Poème d’Isaïe  SPIEGEL

Rescapé d'Auschwitz

 

De tant de morts donnez- moi la mémoire,

De tous ceux-là qui sont devenus cendre

D'une génération, donnez-moi la mémoire

Sa dernière  fureur, sa dernière douleur.

 

Des cheveux roussis par les flammes rouges,

De la chair nue dans le feu de l'enfer,

De tant de morts donnez-moi la mémoire.

Et donnez-moi, sacrés les mots vengeurs

 

Et les yeux par millions enfermés avec toi,

Et la prière étouffée dans ta bouche.

De tant de morts donnez-moi la mémoire.

De la fournaise et des gibets et de l'horreur.

 

Des mains par millions dans le vent me poursuivent

Incendiant les nuits, les aubes apeurées,

De tant de morts donnez-moi la mémoire

Que je ne puis avec des mots pleurer.

 

Car muets sont les mots comme les sables

Lorsqu'en eux le sang s'est glissé.

De tant de morts donnez-moi la mémoire

Et leur souffle sur le chemin des suppliciés.

 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 08:57

Remise des prix aux lauréats du Concours 2012 sur la Résistance et Déportation

Monsieur le Préfet, M. le président du Conseil Général, M. le représentant de l’Académie de Créteil, M. le Directeur de l’Office des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, M. le Président de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance, Madame la Présidente des Amis de la Fondation

pour la Mémoire de la Déportation, Monsieur le Président Départemental des Anciens Combattants, Mesdames et Messieurs les Enseignants, Mesdemoiselles

et Messieurs les lauréats. Frères et sœurs rescapés de l’enfer

C’est toujours un honneur et un réel contentement pour moi de pouvoir être

face à vous, professeurs et élèves des collèges et lycées de Seine et Marne.

Vous avez donné de votre temps pour comprendre et faire comprendre,

combien il est utile de se pencher sur cette période ô ! Combien tragique

de notre histoire où toutes les facettes de l’âme humaine se sont dévoilées !

Votre engagement dans ce concours est une forme de résistance contre l’oubli,

contre l’indifférence, contre l’ignorance.

Votre volonté de connaître et de comprendre l’histoire de la Résistance et

de la Déportation, votre travail sur cette mémoire est rassurant, un remède

à la fatigue et au découragement qui nous gagnent face au déferlement des

violences d’extrémistes de tous bords, qui se manifestent à nouveau si fort en

France et dans le monde. Nous entendons des discours que nous ne pensions

plus entendre. Des actes criminels sous couvert d’idéologies

discriminantes, xénophobes, racistes, antisémites envahissent nos vies par

le biais des médias, des ondes, de la toile.

Il est bon que vous sachiez comment s’est répandu le nazisme, comment

l’Europe contaminée a pu basculer dans l’horreur, comment des « élites »

politiques, intellectuelles, militaires, pseudo-scientifiques, industrielles et

financières ont pu imaginer, convaincre des foules fanatisées, et surtout

mettre en pratique d’aberrantes et gigantesques solutions pour repenser

un monde dont ils se voulaient les « maîtres », pour programmer l’élimination

brutale et industrialisée de ceux qu’ils jugeaient selon leurs critères

« inutiles » ou « nuisibles », et celle plus lente de tous ceux « utilisables »

réduits en esclavage, corvéables jusqu’à leur dernier souffle de vie,

« livrés » au service d’un projet fou et criminel avec la complicité de

collaborateurs zélés.

Le concours de cette année « La Résistance dans les camps de

Concentration » n’était pas un thème facile. S’imaginer que des femmes

et des hommes  traités en esclaves, maintenus dans le plus total

dénuement, programmés pour travailler et mourir, puissent parler de résistance

quand survivre tenait déjà du miracle !

Pourtant cette résistance a bien existé et sauvé bon nombre d’entre nous.

Notre résistance consistait à refuser la déshumanisation, la désespérance

dans lesquelles nous étions plongés, à ne pas perdre

notre dignité d’homme, de femme, que nos bourreaux niaient.

Résister c’était refuser malgré la faim, de se jeter à terre pour lécher la ration de

soupe qu’un Kapo, par jeu, s’amusait à renverser, c’était ne pas se jeter sur la

mince tranche de pain d’un camarade pour la voler, même si ces cas étaient

rares dans le collectif français, ils ont existé.

Résister c’était ne pas perdre sa dignité, c’était de tenter d’aider le plus grand

nombre à tenir, à ne pas sombrer, à rester humain.

Que peut-on partager, donner, quand on a juste de quoi ne pas mourir de faim,

de froid, de désespoir ?

Notre Résistance, c’était des regards, des mots, des attentions : la solidarité.

La solidarité a bel et bien existé au plus noir de cet enfer. Elle m’a sauvé, comme

beaucoup de camarades. Il suffisait de si peu pour être abattu par nos bourreaux,

pour « s’abandonner » et se laisser mourir, la mort était si présente.

Sans cette solidarité active, je ne serais pas là aujourd’hui.

Chaque soir quand nous recevions notre faible ration de pain, nous en

enlevions un petit morceau de la grandeur d’un morceau de sucre pour le donner

à la solidarité, nous prélevions de notre louche de soupe la valeur de deux

cuillérées pour la solidarité.

Ce n’était pas grand-chose ce petit morceau de pain et ces deux cuillérées de

soupe, mais multipliées par un nombre important de Français, de

Belges et d’Espagnols qui nous avaient rejoints dans cette action, nous

pouvions doubler les rations des plus faibles et ainsi leur redonner l’espoir

qu’ils avaient perdu. Ils savaient ce que coûtait ce partage, nous savions

aussi qu’il pourrait nous sauver quand la détresse nous dévastait.

Nous avions au camp d’Allach (commando le plus important du camp de

Dachau où je me trouvais) la chance d’avoir au Revier (l’infirmerie) des

docteurs français. Je peux vous dire qu’ils se sont dépensés sans compter pour

sauver avec des moyens dérisoires un maximum de leurs concitoyens, certains

d’entre eux sont morts de maladie et d’épuisement peu de temps après leur

libération. J’ai vu, un jour, le Docteur Chrétien pleuré devant un Français

qui venait de mourir, il savait qu’un peu de sulfamide aurait pu le sauver.

Les rescapés de cet univers concentrationnaire, au lendemain de leur

libération, ont fait le serment de s’engager à témoigner pour que cela ne se

renouvelle jamais. Ce serment « de témoignage » a été tenu, un grand nombre

d’entre nous sont allés, dès qu’ils l’ont pu, dans  les collèges et les lycées pour

parler de leurs expériences vécues dans la résistance, dans les prisons et

bagnes où ils ont séjourné avant d’être livrés par le gouvernement

collaborationniste de Vichy aux barbares nazis. Ils avaient, avant tout,

mission d’appeler les jeunes gens à la plus grande vigilance, car l’histoire

peut se renouveler.

Il faut que vous le sachiez, car c’est à vous désormais qu’incombe que

plus jamais ne reviennent ces temps d’épouvantes et d’horreurs.

Les témoins, peu à peu, disparaissent, pour ceux qui restent, les handicaps du

grand âge rendent difficile la poursuite de ce travail de mémoire.

Les négationnistes qui refusent le verdict de l’histoire se réjouissent de ces

lendemains où ils auront le champ libre pour réécrire l’histoire à leur façon.

Déjà certains maires se sont cru autorisés de rayer des journées officielles

commémoratives, la Journée Nationale du Souvenir de la Déportation inscrite

dans la loi N°54-415 du journal officiel du 14 avril 1954. La Loi officialisant la

journée nationale du souvenir de la Déportation précise qu'en cette journée

dédiée au souvenir de la Déportation, il convient d'honorer ses martyrs et

d'en tirer les leçons pour que de tels faits ne se reproduisent jamais.

Chaque année, le 8 mai j’entends certains officiels évoquer « l’Armistice de 1945 »,

oubliant que l’armistice demandé par Pétain le 16 juin 1940 et signé 6 jours plus

tard livrait la France à l’occupant, et que le 8 mai 1945 marque un tout

autre événement : celui de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie

(qui est tout autre chose qu’un armistice) et la victoire des Alliés et de la

Résistance Française, ennemie du pouvoir collaborationniste.

Nous avions cru naïvement que la découverte de ces camps de l’horreur par le

monde entier, aurait enfin permis aux peuples de comprendre que le dialogue

était préférable aux conflits armés. Nous devons malheureusement constater

que d’autres guerres, d’autres génocides et bien d’autres actes de

barbaries se perpétuent et nous révulsent. Ce n’est pas une raison pour se démobiliser, il faut qu’averti, chacun puisse détecter les dangers de certaines idéologies, que chacun reste vigilant et dispose des moyens qui lui sont donnés

pour défendre les valeurs de liberté, égalité et fraternité qui nous sont si chères et garder toujours l’ambition de progrès et de paix pour le monde : parce que c’est possible !

Je voudrais terminer avec un grand merci aux élèves pour le travail accompli,

pour l’espoir qu’ils représentent pour nous « les anciens », pour les encourager à 

approfondir leurs connaissances de « citoyens éclairés ». Un grand merci aussi

aux enseignants-passeurs de mémoire, nous comptons beaucoup sur eux pour

former les hommes et les femmes qui seront la France, le monde de demain.

Je sais que les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation qui

assurent le relais de notre mémoire, seront toujours là pour vous épauler

dans cette passionnante mais difficile transmission culturelle et citoyenne, vous

pouvez compter sur ses adhérents, ils vous attendent et seront très heureux

de vous accueillir et de travailler à vos côtés.

Bon courage pour le prochain concours ! Je vous remercie de votre écoute.

Discours pour le 66ème anniversaire de la libération

des camps de concentration - 2011

Monsieur le Ministre, Député-Maire de Provins

Monsieur le sous Préfet,

Monsieur le Conseiller Général,

Madame et Messieurs les représentants de la Gendarmerie Nationale.

Mesdames et Messieurs les représentants de la Police Nationale.

Messieurs les représentants du corps des Sapeurs Pompiers.

Mesdames et Messieurs les représentants des organisations patriotiques.

Et des Anciens Combattants,

Mesdames, Messieurs.

Nous voici de nouveau réunis pour commémorer le 66ème anniversaire de la libération par les Armées alliées des rescapés de ces camps de d’exterminations et de Concentration où tout était programmé pour nous détruire moralement et physiquement.

Sur les 76.000 juifs partis de France, 73.000 périront dans ce sinistre camp d’Auschwitz ou de Bergen-Belsen (où Anne Frank et sa jeune sœur Margot n’ont pas survécu). Peut-on parler de libération du camp d’Auschwitz, le 27 janvier 1945 par l’armée soviétique ? Plus d’un million cent milles morts dont plus de  deux cent milles enfants. Pour le camp de Bergen-Belsen et ses 35.000 morts  entre le mois de février 1945 et le 15 avril 1945 date de la libération de ce camp par l’armée britannique, et ses 15.000 morts dans le mois qui suivit la libération.

Sur les 85.000 Français envoyés dans les camps de concentration plus de la moitié n’ont pas revu la terre pour laquelle ils s’étaient battus.

Depuis notre libération nous témoignons des millions de morts et de disparus dans ces camps, nous rappelons les dangers que font courir à l’humanité tout entière les idées xénophobes, racistes, antisémites, ultra nationalistes et les  régimes qui les incarnent et nient les droits élémentaires de l’être humain. Nous savons pour avoir été les témoins, et pour avoir vécu dans nos chairs, comment CELA a commencé, mais aussi comment cela s’est terminé, le monde, doit se souvenir de ces années terribles.

Aujourd’hui, je ne vous cacherai pas, que comme tous les derniers survivants revenus de l’enfer, j’ai parfois peur, pas pour nous bien sûr, mais pour les générations futures. Les idées que nous pensions éteintes avec la fin du nazisme, reprennent de la vigueur. Des actes antiracistes se multiplient, lieux de culte et de souvenirs profanés, discrimination de personnes. Des groupes néo-nazis voient le jour un peu partout en Europe et s’affichent ouvertement, même dans notre pays berceau des droits de l’Homme.

A Lyon près du stade de Gerland a été découvert un local baptisé Bunker Korps où un groupuscule néonazi propage la haine raciale et appelle à la violence.

En Loire Atlantique, le prochain festival de Clisson en juin prochain, programmait  un groupe du Massachusetts aux titres explicites « Hitler was a sensitive man »  (Hitler était un homme sensible) et « j’espère que tu seras déporté ».

Il y à 17 jours deux professeurs d’histoire du lycée-collège de l’Assomption de Forge (que vous connaissez bien Monsieur Jacob puisque nous avons ensemble inauguré la salle Geneviève Antonioz de Gaulle il y a 4 ans.) Ces deux Professeurs qui ont amené 40 élèves dans le cadre du Concours National sur la Résistance et la Déportation au camp NN de Natzweiler-Struthof, ont été scandalisées par le comportement d’un groupe d’élèves allemands accompagné d’un enseignant qui riaient et crachaient sur les panneaux rappelant les horreurs commises par les nazis, ils ont même enfermé une fille de leur groupe dans une des cellules et parodié le rôle de la victime et du bourreau. Face à ce comportement une jeune élève qui savait que plusieurs membres de sa famille  avaient péri à Auschwitz a eu un malaise.

L’Université de musicologie de la Sorbonne avait de décidé de baptiser son nouvel auditorium en hommage à Jacques Chailley. Ce musicologue et compositeur  secrétaire général puis sous Directeur du conservatoire sous le gouvernement de Vichy et son Directeur Henri Rabaud,  ont anticipé le statut des juifs et remis à l’occupant « la déclaration du caractère racial du personnel administratif et enseignant », 2 enseignants juifs furent suspendus, Jacques Chailley dressa de sa main la liste des étudiants juifs et demi-juifs qui quelques jours plus tard furent exclus du Conservatoire.

Tout cela peut paraître anodin comme paraissaient anodines les premières manifestations conduites par Hitler en 1923 jugé à l’époque d’agitateur mineur.  Nous savons aujourd’hui  où cet agitateur mineur nous a menés.

Si nous ne voulons pas voir revenir ces temps de divisions, de souffrances et de malheur, nous ne pouvons que lancer un appel à la vigilance.

 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 08:56

APPEL DE THORENS-GLIERES, LE 14 MAI 2011 : Les signataires : Raymond Aubrac, résistant - Stéphane Hessel, résistant, déporté - Marie-José Chombart de Lauwe, résistante, déportée, présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation - François Amoudruz, résistant, déporté, membre de la présidence nationale de la FNDIRP - Daniel Cordier, résistant, secrétaire de Jean Moulin - Georges Séguy, résistant, déporté - Walter Bassan, résistant, déporté - Henri Bouvier, résistant, déporté - Léon Landini, résistant FTP- MOI - Pierre Pranchère, résistant - Jean Marinet, résistant, déporté, président de la FNDIRP de l'Ain - Noëlla Rouget, résistante, déportée - Odette Nilès, résistante, fiancée de Guy Môquet, Charles Paperon, résistant, co-président de l'ANACR Finistère.

Le 8 mars 2004, treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre lançaient un " Appel aux jeunes générations " dénonçant notamment " la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération ".
Cette tendance régressive s'accélère dramatiquement. Nombre de citoyennes et citoyens s'en indignent.
Partout la prise de conscience que les valeurs, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), sont toujours actuelles et ouvrent l'espoir qu'un mieux-vivre ensemble est possible . Il est aujourd'hui concevable de définir un nouveau Programme de la Résistance pour notre siècle. Au lieu de cela, le débat public qui s'annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d'intérêts particuliers sans traiter :
- des causes politiques des injustices sociales,
- des raisons des dérégulations internationales,
- des origines des déséquilibres écologiques croissants.
Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l'élaboration d'un Projet de Société du 21ème siècle en repartant du programme du CNR " Les jours heureux " adopté le 15 mars 1944.
Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l'identité républicaine française.
Avec l'association " Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui " nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielle et législatives de 2012 à prendre trois engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine " Liberté Egalité Fraternité ".
Premièrement, afin de garantir l'égalité :
Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer  services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l'est d'autant plus aujourd'hui, alors que le pays n'a cessé de s'enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l'éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l'égalité républicaine. Une égalité qui n'a de sens que dans le respect du droit des étrangers.
Deuxièmement, afin de garantir la liberté :
- Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.
-  Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l'action de la société civile sera reconnue, et restaurer les conditions du principe d'ailleurs défini à l'article 2 de la constitution actuelle : " gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ".
- Garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d'argent comme en 1944.
Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d' " Assemblée constituante " vers de nouvelles pratiques républicaines.
Troisièmement, afin de garantir la fraternité :
Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine.
Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l'être humain comme l'eau, la nourriture et l'énergie.
Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute nécessité de l'épanouissement du plus grand nombre et d'offrir une perspective d'avenir prometteur aux jeunes générations.
Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection :


" CRÉER C'EST RÉSISTER. RÉSISTER C'EST CRÉER ".
 

APPEL  LANCÉ EN 2004 PAR LES RESISTANTS : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

Article publié par ACRIMED le 3 avril 2006 :

"Nous publions ci-dessous un « Appel de résistants », lancé en 2004, en raison de son actualité. Un triple appel en vérité :

  • à la célébration de l’anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance adopté en 1944 ;
  • un appel à définir un nouveau « Programme de Résistance » ;
  • un appel à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse ».

Cette insurrection-là nous concerne directement." 


A.F.M.D. : les AMIS DE LA FONDATION pour la MEMOIRE de la DEPORTATION assurent le relais des associations de Déportés-Résistants, j'invite vivement tous les descendants et amis à se rapprocher de cette fondation

AFMD - 31, Boulevard Saint Germain - 75005 PARIS -

Tél. 01 43 25 84 98 - Fax 01 43 29 58 92
Email : afmd@afmd.asso.fr Site Internet : http://www.afmd.asso.fr

Siret : 410226518 00018 APE : 913EA
Association culturelle (loi du 1er juillet 1901) - JOA N°1336 du 7 février 1996

Paris le, 18 février 2010
L’association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, dont l’objet statutaire est la transmission de la mémoire de l’Internement et de la Déportation mais aussi l’aide aux victimes de discriminations,

*rappelle que de 1939 à 1944, des « étrangers indésirables », notamment des réfugiés Espagnols fuyant le franquisme, des réfugiés antifascistes et juifs persécutés par le nazisme ont été internés dans divers lieux qui furent ultérieurement, parfois, des antichambres de la Déportation.
* constate que les migrants qualifiés d’étrangers en situation irrégulière ont souvent fui des situations de persécutions politiques et ethniques, de guerre, ou d’extrêmes difficultés économiques et ont été ainsi contraints à un dur exil.
*demande aux pouvoirs publics et à l’ensemble des citoyens de ne pas oublier les leçons du passé, qui montrent que dans certaines circonstances, les attitudes individuelles ou institutionnelles à leur égard peuvent conduire à de graves dérives.
*estime qu’il est du devoir de chacun et de faire en sorte que la France demeure un Etat respectueux des droits humains tels que proclamés au lendemain de la victoire sur le nazisme, dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et un pays accueillant pour celles et ceux qui veulent vivre durablement en liberté sur son territoire.
*ne peut donc rester insensible aux conditions d’accueil qui sont généralement faites aux migrants, en particulier aux mineurs qui devraient bénéficier de la Convention internationale des Droits de l’Enfant
*insiste sur la légitimité de la CIMADE, association constituée dès 1939 pour porter assistance aux réfugiés Espagnols, Allemands et Autrichiens, à poursuivre son oeuvre auprès des exilés d’ aujourd'hui.
*estime que le développement ou l’agrandissement des centres de rétention administratifs, en dernier lieu le CRA du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, à proximité de l’aéroport Charles De Gaulle de Roissy-en-France, est inopportun et contradictoire avec l’accueil humain qui doit être réservé à ces migrants chassés de leurs pays
*reste fidèle à l’espoir en un monde plus juste et plus solidaire formulé par les déportés à leur libération et réaffirmé chaque année dans leur message à l’occasion de la Journée nationale du souvenir de la Déportation.
*en appelle à la vigilance de chacun pour le respect et la protection des droits des populations et des personnes en situation précaire, notamment les migrants étrangers sans titre de séjour placés ou non en centre de rétention administrative.

 

Lettres de professeurs d'Histoire et d'élèves.

 

Monsieur,

C’est avec une grande émotion que j’ai lu votre message, c’est à moi de vous remercier pour votre gentillesse et votre disponibilité.

Votre témoignage est à chaque fois un réel moment d’émotion, à la fois enrichissant, passionnant et particulièrement émouvant.

Nous avons discuté pendant une heure avec les élèves suite à votre intervention.

Ils ont été très touchés par votre témoignage qui leur a appris beaucoup.

Ils ont ainsi compris que cette triste histoire n’est pas si loin, que nous ne pouvons pas la résumer à quelques cartes et quelques photos.

Dans ce monde où le virtuel et la fiction tiennent une place essentielle dans notre quotidien, il est indispensable de leur faire comprendre que nous parlons là d’hommes et de femmes, bien réels, qui ont combattu pour la liberté et la fraternité de tous.

Que ces Hommes en sont sortis marqués, traumatisés mais qu’en rien ils n’ont regretté, que dans notre vie nous avons la possibilité de dire « non » et de défendre des valeurs fondamentales.

Notre devoir est de leur transmettre ce message, de les faire réfléchir et de les faire réagir…

Pour ne plus jamais vivre ça…

Vous pouvez comptez sur nous pour faire ce travail et faire en sorte de ne jamais oublier ce qui s’est passé, en l’honneur de la mémoire de tous et pour la liberté de chacun.

Je suis également attristée par ce qui se passe aujourd’hui, bien évidemment que le discours sur l’identité n’a aucun sens…

Et je me battrai autant que possible contre la suppression de l’histoire en Terminale Scientifique…il est indispensable de faire réfléchir nos jeunes générations…et la citation que vous m’avez mentionnée est tellement vraie, je pense d’ailleurs l’afficher dans ma salle de classe*.

Je tiens à terminer mon message par quelques lignes écrites par une de mes élèves (que vous avez rencontrée hier) dans son devoir sur la résistance : « Ils ont risqué leurs vies pour nous donner une vie meilleure, même si elle n’ est pas parfaite, on l’aime notre France ! »

C’est en lisant ce type de réflexion que je me dis que nous pouvons avoir confiance en l’avenir !!!

Nous serons présents, vous pouvez en avoir la certitude, mes élèves et moi-même à la cérémonie de commémoration en avril, et si je peux être utile à votre association, n'hésitez pas à me contacter

Sincèrement, encore merci

S. N. (Collège)

* " Ceux qui ne savent pas se souvenir de leur passé sont condamnés à le revivre"

                                                                                                           Georges Santayana

Cher monsieur ;

Je me permets de vous écrire car après notre rencontre le mardi 1er octobre au lycée de Nangis, les horaires des bus étant très stricts, je n’ai pas pu vous remercier d’être venu nous parler de votre expérience passée. Je dois vous avouer qu’elle m’a occupé l’esprit pendant de nombreux jours et  suscité un sentiment d’horreur.

Peut-être vous demanderez-vous pourquoi je vous écris ? j’ai simplement eu envie de dire à quel point votre témoignage m’a bouleversée ? il est très important de continuer à informer les jeunes sur ce qui est arrivé et ce qui pourrait arriver si nous relâchons la garde.

Tout cela m’a vraiment donné à réfléchir, en vous écoutant, l’histoire a pris une dimension humaine et réelle. Pour tout ceci je vous remercie du fond du cœur.

J. R.

 

Cher Monsieur,

Je vous écris, ce petit mot pour vous remercier d’être venu si gentiment témoigner de ce qui a été votre vie lors de la seconde guerre mondiale. J’ai été très touchée par votre intervention. Nous sommes informés de tous ces faits la majeure partie du temps, mais rien n’est comparable à un témoignage comme le vôtre. Votre intervention nous aura énormément marqués. Il me semble que personne ne peut rester indifférent à de pareils souvenirs.

J’éprouve beaucoup d’admiration à votre égard. Nous ne pouvons que vous remercier pour tout ce que vous avez fait. Vos actes ont permis à la France de garder sa dignité.

Je suis admirative devant votre courage et votre force d’esprit face à tout cela.

Encore une fois merci à vous, à votre présence et votre gentillesse.

 E.C.  (Terminale littéraire)

                                                                                                                   

Cher Monsieur,

Je souhaite vous remercier de vos interventions, et de vos témoignages. Je suis issue d’une famille de Déportés et de Résistants, et j’ai été très sensible à votre exposé.

Les membres de ma famille qui ont vécu ces faits tragiques sont décédés (mes grands parents, mes oncles). Je tiens leur histoire de mes parents et d’une de mes grand-mères qui ont été un relais.

Dans ma famille, il est très important de garder cette mémoire, nous en parlons encore plus depuis le 21 avril. Les horreurs du nazisme, du racisme, de la xénophobie me font très peur.

Le 1er mai, j’étais dans la rue avec mes parents pour faire barrage à toutes ces idées. Dans ma classe quelques jeunes ignoraient beaucoup de choses sur les monstruosités commises par les nazis, c’est pourquoi vos témoignages sont importants, ils font prendre conscience. Il faut conserver cette « mémoire » ! Je pense que tout commence à partir de la tolérance, Paix et Espoir ! sont les mots les plus importants ! Continuez ! merci encore.

 A. P. ( Terminale Littéraire)

                                                                                                                

Je ne savais pas que Résistant on pouvait l’être aussi jeune. J’ai pris conscience de leur courage et de leur détermination. J’ai appris que beaucoup de gens non résistants aidaient ceux qui avaient eu le courage de s’engager. J’ai appris qu’on pouvait tous faire quelque chose contre ce qui nous révolte, contre l‘inacceptable

Merci d’être venu nous parler de votre combat, de vos espoirs et de vos souffrances, on vous respecte et on vous admire. Continuez de parler, car il faut que l’on se souvienne

J’ai pris conscience de la catastrophe qui aurait eu lieu sans ces gens-là. Je me suis rendu compte que c’est à nous de veiller car les idées à l’origine de cette tragédie n’ont pas disparu,  à nous d’agir pour que jamais de telles horreurs ne se reproduisent.

Votre passage dans cet univers concentrationnaire, la solidarité qui vous animait malgré le pire des dénuements, le petit bout de pain prélevé de votre maigre ration, m’a profondément émue

MERCI de m’avoir fait comprendre que même dans le pire des cas il ne faut jamais renoncer.

 H.V

 

 Monsieur,

Le cours d’histoire de ce mercredi 3 octobre a été différent de ce à quoi nous sommes habitués.

Votre présence parmi nous a beaucoup apporté. La transmission du passé à notre génération est très importante particulièrement quand elle peut être faite autrement que par l’intermédiaire des professeurs et des manuels scolaires, elle devient plus passionnante, plus vivante, plus réelle. C’est pourquoi nous tenons à vous remercier très sincèrement de votre intervention et de l’effort que vous avez dû faire pour remonter tous ces souvenirs terribles dans votre mémoire.

Nous espérons que vous continuerez longtemps à faire profiter de votre expérience nos élèves qui, en règle générale, se souviennent peu, ou pas du tout, de ce qui s’est passé au temps de leurs grands-parents.

Cela nous permettra sans doute de mieux comprendre, mieux analyser et mieux réagir à tout ce qui se passe actuellement dans le monde.

De tout cœur, merci.

 Mme B. (Coordinatrice d’Histoire)

 

C’est avec plaisir que chaque année en octobre nous déjeunons avec monsieur LAFAURIE et monsieur PIERRONNET pour un premier contact. A ce moment s’élabore la trame du travail annuel qui sera fait avec les professeurs et les élèves.

Puis en janvier (malgré l’hiver parfois rude dans nos campagnes) »nos » intervenants interviennent devant les classes de 3eme et racontent qui la Résistance, qui la Déportation.

Ces témoignages sont une réelle richesse pour les jeunes dont les parents n’ont pas connu cette période dure de l’histoire ; leur curiosité est piquée, leur cerveau est captivé par ces récits bouleversants, ces détails méconnus et ces anecdotes, qui pourraient faire sourire si la gravité ne l’emportait pas. Ces jeunes apprennent le passé de leur Pays grâce à cette transmission orale.

Nous ne remercierons jamais assez nos combattants pour la liberté qui continuent le travail de mémoire.

 E. V. ( Principale de Collège)


Les Vertus inégalées d’une « Mémoire vivante » !

Enseigner la seconde guerre mondiale, ses causes, son déroulement à différentes échelles (la planète, l’Europe, la France), ses conséquences…fait partie des défis qu’un professeur d’Histoire et de Géographie doit relever devant ses classes de 3e. … de difficiles questions se posent à lui… Comment transmettre un volume de connaissances suffisant en respectant un cadre horaire restreint ? (Les élèves préparent l’épreuve du Brevet et tous les thèmes du vaste programme allant de 1914 à nos jours…doivent être traités équitablement !) Comment faire ressentir aux élèves l’importance de ces moments si sombres ? Comment les amener à se questionner…et ainsi donner une dimension civique et citoyenne à notre enseignement ?

Mais, pour les élèves comprendre ce chapitre clé de l’Histoire contemporaine est un défi encore plus grand. A 14 ans, ces adolescents ont pour la plupart des « connaissances » très vagues et très sommaires sur la période 1939/1945. Elles se résument souvent à quelques clichés véhiculés par les médias et notamment par la télévision. Malgré la diffusion de téléfilms et de productions cinématographiques de qualité ces dernières années, la monstruosité du nazisme n’est pas ressentie…Quant à l’image du Résistant, elle reste le plus souvent celle stéréotypée du maquisard armé d’une mitraillette Sten, livrant combat. La portée de l’engagement résistant n’est pas saisie !

Une bonne partie de ces difficultés trouve solution chaque année en janvier,avec la venue attendue dans l’établissement de MM. Jean LAFAURIE et Guy PIERRONNET. Devant chaque classe de 3e pendant environ deux heures, ces deux résistants présentent avec modestie, simplicité et clarté leur parcours avant d’engager un dialogue avec les élèves ...  Ces derniers ont préalablement suivi (avec plus ou moins d’enthousiasme) les leçons sur la seconde guerre mondiale. Ils maîtrisent donc une chronologie et connaissent certaines définitions :

Résistance, Déportation…L’entretien avec MM Lafaurie et Pierronnet a été préparé, un questionnaire a été élaboré…Il est bien souvent dépassé au moment où l’échange s’instaure.

Les élèves se montrent d’abord attentifs par respect autant que par curiosité… le cours prend une forme inhabituelle : celle du récit…L’intervenant n’est pas celui qu’on connaît : le professeur s’est effacé…Très vite, la curiosité cède le pas à l’intérêt…Un intérêt qui ne se dément pas. Durant deux heures qu’ils ne voient guère passer, ces jeunes ont pour la première fois l’occasion de faire de l’Histoire au sens où ils sont placés en lien direct avec les acteurs des faits relatés. Les évènements prennent du relief. Le ressenti est d’autant plus fort que les témoins sont à même de trouver les mots justes pour exprimer leurs émotions, leurs souffrances, leurs espérances sans jamais tomber dans la sensiblerie.

D’eux-mêmes les clichés tombent. L’engagement résistant prend du sens auprès de chaque élève capable désormais d’associer des visages à des actes dont il prend conscience de la diversité. Guy Pierronnet évoque avec pédagogie la situation de la France et de la Seine et Marne en 1940, son action dans la résistance en région parisienne, la vie qu’il a du mener, ses peurs, ses doutes, ses certitudes.

Jean Lafaurie présente son parcours dans le Sud-Ouest de la France. Il décrit le maquis auquel il a appartenu.  Il relate son arrestation, son jugement, son emprisonnement qui n’empêche pas la poursuite de son combat. Il témoigne ensuite de la déportation, de l’enfer des camps de concentration, de son retour, des raisons de se souvenir sans haine mais sans oublis. Les deux heures n’y suffisent pas toujours… mais le but premier est atteint.

A la lecture des notices biographiques que les élèves ont ensuite à rédiger, on constate que la plupart ont une perception plus précise de cette période troublée. Des points trop rapidement évoqués en cours, ont été mis en lumière : comme la diversité des formes de résistance, comme la terrible répression menée par les forces d’occupation mais aussi par le gouvernement collaborateur de Vichy.

Toutes les questions des élèves n’ont pas obtenu de réponses… mais l’intérêt des élèves a été stimulé et c’est là l’essentiel. Les questions resurgissent à l’occasion des cours suivants. Elles donnent lieu à des travaux de recherches lors du montage vidéo des témoignages qui ont été filmés et dans le cadre de la préparation du Concours National sur la Résistance et la Déportation. De longue date les élèves du collège y participent en nombre important mais surtout volontairement. C’est la preuve d’une soif d’apprendre, de comprendre, que les témoignages ont contribué à éveiller.

 - Parce qu’ils permettent une meilleure compréhension d’une période particulièrement complexe.

 - Parce qu’ils suscitent l’intérêt et une prise de conscience chez les élèves indépendamment de leurs niveaux et de leurs résultats scolaires.

 - Parce qu’ils laissent un souvenir impérissable dont reparlent fréquemment nos anciens collégiens devenus lycéens lorsque nous avons l’occasion de les rencontrer.

 - Parce qu’ils donnent une dimension humaine à des faits historiques dont la connaissance doit absolument être perpétuée.

 - Parce qu’ils conduisent à un questionnement personnel.

 - Parce qu’ils sont encore possibles grâce au dévouements et la disponibilité de personnes comme MM Lafaurie et Pierronnet.

Pour toutes ces raisons, les témoignages de Résistants, de Déportés, auprès des jeunes sont irremplaçables. Ils doivent être maintenus et encouragés autant que faire se peut. A ceux qui les rendent possibles, MM Jean Lafaurie et Guy Pierronnet tout particulièrement, nous professeurs et élèves du collège Jules Verne de Provins, adressons nos remerciements les plus profonds.

B. et B.  (professeurs d’Histoire-Géographie Collège)

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Published by jean lafaurie - dans MEMOIRE 1940-1945
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 08:55

Hommage à Marcel Petit décédé le 13 octobre 2010 :

image002.gifPrésident de notre Association Départementale des Déportés, Internée et Résistants Patriotes de Seine et Marne depuis 25 ans, Marcel PETIT était aussi membre du Comité National,  Président du Comité d’entente des associations d’anciens Combattants de Dammarie-les-Lys, vice-Président du comité du Mémorial du Dernier Convoi de Déportés en Seine et Marne et Président des Conseillers auprès de auprès de l’ONAC/VG. Sa voix portait aussi dans les collèges et lycées du Département lors de la préparation du Concours National sur la Résistance et la Déportation , et même au-delà de nos frontières, puisqu’il allait tous les ans au Centre de rencontre et de Documentation d’Hinzert dressé sur l’emplacement du camp SS où il a été envoyé au titre de NN par le convoi du 26 juin 1942 alors qu’il n’avait que 15 ans. Il avait auparavant passé trois mois à la prison de Fresnes.

Pendant ses 34 longs mois dans l’univers concentrationnaire, il connaîtra successivement les prisons de Wittlich de Breslau où il  est jugé avec 5 autres camarades dont 2 seront condamnés à mort et décapités, Marcel et 3 de ses compagnons seront condamnés à 5 ans de détention. Il connaîtra les camps de Gross-Rosen, Dora, Nordhausen et enfin le camp de Bergen-Belsen où étaient envoyés pour les faire mourir les malades qui ne pouvaient plus travailler. Dans ce camp  35.000 morts ont été dénombrés entre février 44 et la libération le 15 avril 1944 par les armées britanniques (dont Anne Frank et sa Sœur). Après la libération il y aura encore plus de 15.000 morts.

A son retour en France, Marcel qui a 18 ans et demi n’est que l’ombre de lui-même, il est atteint de Tuberculose et souffre de dysenterie. Il passera 2 ans en Suisse pour tenter de retrouver la santé. Les séquelles de son long parcours dans les camps ne le quitteront jamais. En rentant de Suisse il se marie, travaille quelque temps à la cordonnerie de son père, puis à la SNECMA à Melun.

A la recherche d’air pur il partira avec son épouse Huguette qui l’a toujours aidé à tenir, dans le Morvan où il deviendra éleveur de volailles.

En 1963,  il revient à Dammarie-les-Lys où le Maire mais aussi l’ami, ancien résistant, Marcel POUVREAU lui offre un emploi dans les services municipaux. Cela lui a permis de se stabiliser et de gravir peu à peu les échelons, Durant ces périodes, Marcel PETIT, homme de conviction et d’action n’a cessé d’être de tous les combats syndicaux, mais aussi des combats pour la paix et la liberté au sein de diverses associations, dont la FNDIRP.

En 1985, suite au décès de notre Président Départemental Pierre CHOSMANN, il prend la Présidence de l’ADIRP de Seine et Marne qu’il conduira de main de maître avec l’aide de son épouse Huguette qui sera secrétaire de notre Association départementale  jusqu’à sa mort survenue le 18 octobre 2005, 5 ans presque jour pour jour avant le décès de Marcel.

Ce décès, ajouté à ses problèmes de santé, l’avait terriblement fragilisé. Il a dû à plusieurs reprises être hospitalisé. Il a très souvent parlé de s’arrêter pour se soigner, mais dès qu’il se sentait mieux, très souvent contre l’avis de son docteur, il reprenait ses activités  au sein de notre Comité départemental. Il considérait comme un devoir, la nécessité de transmission de la mémoire aux jeunes générations, afin qu’ils sachent où  les idées xénophobes, racistes, antisémites menaient. Témoigner et Témoigner encore, dénoncer les négationnistes qui refusant le verdict de l’histoire tentent de la réécrire à leur façon. Depuis longtemps Marcel avait fait sienne les paroles  de notre Camarade Marcel PAUL cofondateur de la Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes, qui avait dit parlant des actions à mener : « Nous sommes condamnés à aller jusqu’au bout » Marcel est allé jusqu’au bout

Quand il m’a téléphoné pour que je le représente à la remise des prix aux lauréats du concours sur la Résistance et la Déportation à la préfecture,  il n’était déjà pas bien et partait sur l’Ile de Ré « se refaire une santé ». Au mois d’août, alors que nous préparions par téléphone la réunion programmée pour le 10 octobre dernier, il m’a reparlé de sa santé de plus en plus défaillante.  Conscient de sa fragilité il m’a dit qu’il était urgent de passer la main à nos héritiers naturels les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et d’inviter Maryvonne Braunschweig sa présidente pour préparer le passage de relais.

 Croyez-moi mes amis, s’il a dit qu’il se sentait mal, c’est qu’il l’était vraiment. Marcel était de cette trempe d’homme pour qui la vie est un combat au quotidien. Combien de fois a-t-il pensé être obligé de s’arrêter, mais il suffisait qu’il ouvre un journal, qu’il trouve un article négationniste, une profanation de sépulture, le vandalisme d’un lieu de mémoire pour oublier ses propres souffrances et  qu’il rebondisse à nouveau. Il avait l’habitude de dire « la triste expérience inoubliable de mes 34 mois de captivité, m’interdit à jamais de rester muet. Mon devoir est au contraire de transmettre à mes enfants, mes petits enfants, à mes arrières petits enfants … que les générations futures sachent ce qu’a été le nazisme, ce qu’ont été  ces camps où tout était programmé pour avilir l’homme tout en l’exploitant  jusqu’à la mort, en l’éliminant s’il était ou devenait selon leurs critères improductif.

Ce qui le peinait le plus, c’est de ne pouvoir répondre comme il l’aurait voulu aux nombreuses sollicitations des écoles, collèges et lycées pour témoigner de son expérience dans ces camps de la mort. Au dernier Congrès de St Fargeau-Ponthierry, il a rappelé combien le devoir de mémoire et nos témoignages étaient importants. Il allait avec Louis Fussinger et leur camarade Hollandais Van Rijckevarcel jusqu’en Allemagne sur les lieux même d’Hinzert où s’élève l’Académie-Mémorial- Musée mais aussi un centre de documentation et d’échanges sur la période du  nazisme, fondée en 1954 sur le lieu même du Camp spécial SS appelé officiellement ‘’SS Sanderlager Hinzert’’ où il fût amené en 1942 alors qu’il venait d’avoir  15 ans. Marcel aimait se retrouver là-bas pour rencontrer des lycéens et universitaires Allemands, Polonais et Français, qui après avoir visiter les lieux et l’exposition permanente se retrouvaient avec ces trois rescapés de l’enfer pour un échange pédagogique très utile pour faire comprendre aux jeunes comment le nazisme et son idéologie meurtrière avait pu voir le jour en Allemagne, s’étendre et porter sa terreur sur toute l’Europe avec la complicité de certains gouvernements dont celui de la France dirigée par Pétain. Il terminait toujours ces interventions par un appel à la vigilance avec les paroles du Dramaturge Allemand Bertold Bretch. « Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

Au retour de son dernier voyage en Allemagne, quand il m’avait fait part de son état de fatigue, et de son espoir de se refaire une santé sur l’Ile de Ré, je lui avais conseillé de bien se reposer car  nous avions encore bien besoin de lui. Au mois d’août il m’a annoncé que ça n’allait toujours pas et  a programmé la réunion du 12 octobre. C’est notre dernier échange, avant d’apprendre par Geneviève son amie, qu’il venait d’être hospitalisé.  Après des nouvelles de plus en plus alarmantes, elle m’a appris le 13 Octobre, son décès.

Aujourd’hui , nous mesurons le vide qu’il laisse, vide qu’aucun de nous ne peut combler. Nous ne devons jamais l’oublier son courage et combien il comptait comme nous tous sur les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation pour continuer le combat, pour que la vérité historique sur cette période soit sauvegardée, pour que les milliers de morts ne tombent pas dans l’oubli. Fils, Filles de Déportés, d’Internés, allez grossir avec vos enfants les rangs des Amis de la Fondation, rempart contre l’oubli et la résurgence  d’une idéologie raciste, antisémite, et xénophobe porteuse de haine et de conflits.

 Jean Lafaurie - Secrétaire Général ADIRP 77

 

Communiqués de Presse de la FNDIRP, le 28 avril 2010  :

La FNDIRP s’indigne des propos tenus par Jean-Marie Le Pen, le 25 avril 2010 au micro du Grand Jury RTL / LCI / Le Figaro : « Feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des juifs pendant la guerre était une pensée scandaleuse »

La FNDIRP rappelle :

 - - la promulgation par le gouvernement de Vichy, de sa propre initiative, des statuts des juifs d’octobre 1940 et juin 1941.

 - - La rafle du Vel’d’Hiv du 16 juillet 1942 organisée par les autorités « françaises » dépendant de Pétain.

 - - les rafles de l’été 1942 en zone non- occupée

 - - la participation des forces de gendarmerie et de la police « françaises » à la garde des camps d’internement dont ceux de Drancy (jusqu’à l’arrivée de Dannecker), de Pithiviers et de Beaune- la- Rolande, entre autres.

La FNDIRP aurait souhaité que les organisateurs de l’émission « Le Grand Jury » témoignent, eux aussi, de leur indignation.

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En Espagne, le juge Garzon est poursuivi et risque une condamnation pour avoir, malgré la loi d’amnistie, continué ses investigations sur les crimes commis sous la dictature franquiste et qui selon lui, entrent dans le champ d’application des poursuites pour crimes contre l’humanité.

La FNDIRP s’indigne de ses poursuites et témoigne de sa totale solidarité au juge Garzon et aux familles des victimes des exactions de Franco et de ses affidés.

Vouloir effacer ces crimes constitue un déni de l’histoire qui ne peut qu’être néfaste à la démocratie espagnole.

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Journée Nationale du  Souvenir de la Déportation du 25 avril 2010

Monsieur Le Maire

Monsieur le Sénateur

Madame  le Conseiller général

Camarades et Amis du Monde Combattant et Associations Patriotiques

Mesdames, Messieurs,

Il y a 65 ans, les Armées alliées en poursuivant jusqu'à leurs derniers retranchements les armées nazies, découvrirent les camps d’exterminations et toute l’horreur de l’univers concentrationnaire. Partout des cadavres que dans les derniers mois les fours crématoires n’arrivaient plus à faire disparaître. Parmi eux, des spectres aux yeux exorbités circulaient, étonnés d’être encore debout et vivants. Les plus valides aidaient les malades qui voulaient voir les libérateurs. Pour beaucoup d’entre eux ce sera l’ultime moment de joie.

Dans un article du bulletin Municipal, je rappelle les dates de libération des divers camps d’exterminations et de Concentration, en commençant par le camp d’Auschwitz le premier libéré par les troupes soviétiques : 1.100.000 juifs, dont 200.000 enfants y ont trouvé la mort. A ces victimes juives s’ajoutent celles des camps de Treblinka, Sobibor, Belzec qui comptent à eux trois plus d’1.070.000 morts ; 600.000 rien que pour le Belzec, ce camp sans baraque pour loger les arrivants envoyés dés leur arrivés aux douches de la mort. Certains étaient asphyxiés directement au gaz carbonique  dans les camions qui les transportaient.  Pour ces camps d’exterminations, peut-on vraiment parler de libération ? J’ai encore en mémoire, le discours prononcé en 1997 par Madame Simone Jérôme alors première adjointe de Monsieur Pasquier.  Parlant de ce camp,  elle a dit avec juste raison  « On ne libère pas un cimetière, et Auschwitz est le plus grand cimetière du Judaïsme Européen ».

Nous ne devons jamais oublier que 76.000 juifs dont 2.000 enfants ont été arrêtés par des policiers français, obéissant à l’ordre du Gouvernement de Vichy se faisant ainsi complice du génocide.

Nous ne devons jamais oublier non plus que c’est avec la complicité de Vichy que les 90.000 opposants et Résistants, qui n’avaient pas été tués par les tortionnaires de la milice ou de la Gestapo se sont retrouvés dans les camps de concentration. Ce sont des policiers français qui m’ont arrêté, le 14 juillet 1943. Ce sont des policiers Miliciens aux ordres de Darnand qui ont fusillé, le 24 février 1944, 12 de mes camarades.

Le 6 avril dernier, avec mon ami Jean-Paul Dromigny, nous avons accompagné 75 élèves du collège Jules Verne à la projection du magnifique film de Rose Bosch  « LA RAFLE ». Il rappelle justement la complicité du Gouvernement de Vichy, de Pétain et Laval dans la rafle du 16 juillet 1942 de 13.000 juifs de Paris, de leur internement dans des conditions totalement inhumaines au Vélodrome d’Hiver. Tous les Collèges et Lycées de Provins se sont mobilisés pour que ce film capable de susciter une vraie prise de conscience historique soit vu par leurs élèves (un millier de jeunes, avaient déjà vu ce film au 6 avril, d’après le projectionniste).  Il est tout à fait souhaitable de donner aux jeunes de Nangis la même opportunité, de réfléchir, eux aussi, sur cette période de notre histoire.

Car nous ne devons jamais oublier ni l’obéissance criminelle, l’ignominie des bas instincts de certains s’acharnant sur des victimes qui ne pouvaient pas croire ce qui leur arrivait,  ni l’indifférence de ceux qui ne se sentaient pas concernés. … ni surtout la fraternité, la solidarité les aides spontanées,  les actes d’héroïsme nés du REFUS DE L’INACCEPTABLE. Nous ne devons pas oublier ces CHOIX  jaillis des consciences. C’est pour toutes ses raisons que ce film mérite d’être vu particulièrement par les jeunes.

En cette commémoration du 65ème anniversaire de la libération des camps,  et du 65ème anniversaire dans quelques jours de l’anéantissement et de la capitulation de cette Allemagne nazie, nous ne devons pas oublier que cette victoire n’est pas seulement une victoire militaire réalisée grâce à l’intervention des armées alliées. C’est la victoire d’HOMMES, de FEMMES, qui au-delà de leurs idéologies, de leurs croyances, de leurs nations respectives, de leurs origines sociales, ont regroupé leurs forces, leurs énergies pour VAINCRE ensemble l’inacceptable.

Des nostalgiques de cette période refusant encore aujourd’hui le verdict de l’histoire, tentent de la réécrire à leur façon, minimisant les crimes, et ranimant à tout propos l’idéologie antisémite, raciste et xénophobe.

Si Aujourd’hui nous laissons dire, demain on laissera faire.

Les crises économiques sont un terreau fertile pour le développement d’idées ultra nationalistes au bouc émissaire toujours identique : l’étranger, le différent. Ces extrémistes cherchent des adeptes parmi les jeunes désœuvrés ou en mal de reconnaissance.

En France, la Presse signalait dernièrement que sur leurs ordinateurs certains élèves choisissaient le portrait d’Hitler en fond d’écran et des chants SS en fond sonore. Les sites néonazis se multiplient sur Internet et sont de plus en plus visités. Qui aurait pu penser que 65 ans après notre libération, nous, survivants de cette tragédie, aurions à ressentir cette angoisse bien présente ? Craintes, pour les générations futures, après tant d’espoirs et de luttes pour un monde meilleur.

Cette journée Nationale du Souvenir de la Déportation nous permet de rendre hommage aux victimes de la barbarie nazie. Mais pour que leurs martyrs ne soient pas désespérément vains, cette journée se doit également et surtout d’être un appel à la vigilance, un appel à cette unité qui a permis, il y a 65 ans, de vaincre et de retrouver la paix, la liberté, d’aspirer avec de nouvelles règles, à plus de justice sociale et au respect de la dignité de chacun, seuls garants de sécurité et de progrès dans un monde apaisé.

 

LE SINISTRE CHARIOT

Je n'oublierai jamais le sinistre chariot

Que nous tirions à vingt de la gare à Dachau.

Derrière nous le kapo le SS et son chien

L’un guettant nos mollets, l’autre nos bas de reins

 

Car malheur à celui qui, pour se reposer,

Laissait le moindre mou à son cruel harnais,

Le kapo guettant nos moindres défaillances

Ne faisait par ses coups qu’augmenter nos souffrances.

 

Dans ce chariot des morts, nos compagnons, nos frères

Qui ne connaîtront jamais la paix d’un cimetière.

Car pour ceux qui demain ne seront que poussière,

Pas de tombe, pas de fleurs, pas la moindre prière.

 

Comme nous tous ils avaient rêvés d’une victoire

Et nous les amenions vers les fours crématoires

Avec, pour oraison, les cris de nos bourreaux

Et puis les grincements du sinistre chariot.

 

En tirant je pensais, sans vouloir l’avouer,

Qu’un jour ce serait moi que d’autres tireraient.

Alors pour m’évader de ces sombres pensées
Et prouver à moi-même que j’étais bien vivant,

J’oubliais la douleur faite par mon harnais

Et tirais comme un fou, tout en serrant les dents.

Jean Lafaurie - Rescapé de Dachau - Matricule 73.618

 

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07.04.2010 : « La bête immonde n’est pas morte, la crise actuelle l’a  même réveillée».

Il y a multiplication d’actes de profanations dans les cimetières et lieux de cultes, des attaques « idéologiques » et physiques sur certaines personnes, les sites néo-nazis prolifèrent, les informations sont alarmantes :

  • Quatre tombes d’un cimetière de Dijon ont été couvertes de slogans racistes.
  • En France, des compatriotes sont passés devant les tribunaux pour avoir aider des clandestins à survivre. De jeunes afghans qui avaient fuit leur pays en guerre ont été renvoyés chez eux.
  • Le maire de Gonneville-sur-Mer dans le Calvados refuse de retirer de la galerie des portraits des chefs d’Etats français qui ornent la salle des Mariages, celui de Pétain. Je suis moi-même scandalisé chaque fois que j’ouvre mon dictionnaire de voir Pétain qui a été frappé d’indignité Nationale, toujours présenté dans sa tenue de Maréchal de France, alors qu’un si grand nombre de Patriotes avérés sont les oubliés de  ces dictionnaires.
  • A Coussay-les-bois (Vienne), le Conseil Municipal après délibération, accepte qu’une plaque soit apposée à la mémoire des soldats de l’Armée d’occupation exécutés par la résistance. L’ADIRP de ce Département ainsi que notre Fédération Nationale ont exprimé notre indignation au Préfet de la Vienne.  Le Patriote Résistant d'avril 2010 précise que  "suite à l'émotion et l'indignation suscitées par cette décision, le conseil municipal a voté le retrait de cette plaque "dans un esprit d'apaisement".
  • En Calabre, à Rosano où la mafia est partie prenante dans les grandes exploitations d’agrumes, un véritable pogrom a eu lieu contre des centaines d’ouvriers africains embauchés pour les récoltes.
  • En Hongrie, suite à la manifestation commémorant le 24 décembre 1944, date de la pendaison après tortures du dirigeant de la résistance antinazie Bajcsy Zsilinszky, un site d’extrême droite a publié à l’encontre de Vilmos Hanti, Président de l’Association Antifasciste, le communiqué suivant : « Vilmos Hanti aura un statut particulier : ce ne sera pas un camp de travail, mais un lampadaire ou un arbre ; il faudra le pendre par les poignets et allumer le feu dessous, que sa graisse tombe en gouttes ».

Non  la bête immonde n’est pas morte. Les crises fragilisent, nombreux sont ceux qui sombrent dans la facilité de désigner un bouc émissaire, faux coupable d’une société malade.

Les crises ont toujours été un bon terreau pour les fascistes, les ultra nationalistes et extrémistes de tous bords. L’étranger a toujours été montré comme le responsable des problèmes. C’est tellement plus facile que de chercher les vraies raisons, les vrais coupables, que de mettre en place les vraies solutions … aujourd’hui comme hier.

C’est la crise en Allemagne (due  en partie aux accords de Versailles) qui a fourni le terreau où s’est développé peu à peu le nazisme. Ce n’est pas un hasard s’il réapparaît sur plusieurs sites, si des jeunes s’y laissent prendre. Le 4 avril, le Parisien a publié un article qui m’a fait bondir d’indignation : des élèves de Chauny (Aisne) ont en fond d’écran de leur ordinateur la photo d’Hitler et des chants nazis comme fond sonore. C’est une dérive inadmissible qui ne doit pas se banaliser.

Actuellement le Film « La Rafle » rappelle à ceux qui ne l’ont pas connue, et au-delà, de ceux qui tentent de la faire oublier, la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs de France. Il démontre aussi dans les situations extrêmes la confrontation des comportements individuels, révélation parfois de ce que l’humanité à de meilleur, mais aussi, hélas, pour certains individus les pires  et monstrueuses bassesses.

La crise nécessite plus que jamais une cohésion des volontés de paix, plus de solidarité, plus de fraternité, plus de justice, plus de fermeté et de présence auprès des élus et des décideurs.

Je témoigne et témoignerai encore, inlassablement pour mettre en garde les jeunes, avec l’espoir qu’ils retiendront l’essentiel et oeuvreront à leur tour à l’élaboration d’un monde de paix.

                                                                                                  Jean Lafaurie

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Aujourd’hui 13 mars 2010, nous venons de perdre un poète, un chanteur, un ami  Jean Tenenbaum dit Jean Ferrat. 

Chaque fois qu’il chantait « Nuit et Brouillard » les larmes me montaient aux yeux, ce chant me ramenait dans ce sinistre wagon où sous les coups nous devions nous serrer toujours plus. Le chiffre de 100 par wagon avait été décidé par nos bourreaux. J’entends encore le bruit sec de la porte que l’on fermait sur nous, nous ne pouvions pratiquement pas bouger.

Jean Ferrat rend hommage à son père arrêté par la Gestapo et déporté à Auschwitz, et à travers lui, à toutes les victimes des bourreaux nazis.

Ta disparition laissera un vide immense, mais tes chansons « Nuit et Brouillard » « La Montagne » « Aimer à perdre la raison » ou « Ma Môme » resteront avec bien d’autres dans nos cœurs reconnaissants. Merci pour ce que tu nous laisses. Repose en Paix.

 

Hommage à Jean FERRAT

 

C’est pour toi mon cher Jean que j’ai écrit ces lignes

Après t’avoir un soir entendu nous chanter

Le chant Nuit et Brouillard dont je garde des signes

Dans mon cœur et mes chairs profondément ancrés

 

Car j’ai connu ces trains roulant vers l’Allemagne

Où nous étions par cent serrés comme des harengs

Et qui nous conduisait vers les sinistres bagnes

Où le voile de la mort était toujours présent

 

Aussi un grand merci d’avoir pensé aux femmes

Qui furent pendant des siècles maltraitées bafouées

Alors que ce sont elles qui détiennent la flamme

Pour l’avenir de l’homme par sa fécondité.

 

Tu as aussi chanté beaucoup mieux que personne

Cette France rurale trop souvent oubliée

Quelle soit de l’Ardèche ou bien de la Gascogne

La France reste belle dans sa diversité.

 

Par le chant ta musique tu nous as fait connaitre

Le poète Aragon avec les yeux d’Elsa

Mais aussi  Chagall grand maitre de la palette

Et par ta complainte le poète Neruda

 

J’aimais t’entendre chanter que la montagne est belle

Qui me ramène à mon Quercy natal

Où je montais cueillir les mûres et les airelles

Pour faire les confitures des saisons hivernales

 

Jean Ferrat tu aurais encore des choses à dire

Aux pauvres gens oubliés par notre société

Qui aujourd’hui ont même oublié  le sourire

Ne croyant plus au mot sacré,fraternité

Jean LAFAURIE, Le 6 juillet 201

 

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Published by jean lafaurie - dans MEMOIRE 1940-1945
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