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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 09:03

 

DACHAU CAMP MODELE PARFAITEMENT ORGANISE

Dachau camp modèle - le chant des Marais - notre tenue - programme journalier - frais d'entretien des détenus par jour - Expériences médicales - les punitions - nombre de détenus - les exécutions - Mots d'ordre d'Eisenhower  à la libération du camp -

 

Dachau le premier camp de concentration, ouvert en 1933

Camp « modèle » pour la formation des bourreaux

futurs commandants de camp

Sur le portail d’entrée du camp on pouvait lire : « Le travail rend libre »

 

Administration du camp :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'hymne des déportés du camp : le chant des Marais.

 

 

 

En 1933 le camp de Dachau est créé. Il est le produit d’une collaboration institutionnelle entre la police officielle du Land de Bavière qui va fournir les détenus et la SS qui doit gérer et administrer les lieux.

Ce camp de concentration pour prisonniers politiques a pour but de « rééduquer» les détenus, alors en majorité communistes, des sociaux démocrates opposés aux nazis, en vue de leur réinsertion dans la nouvelle société. La libération des internés « rééduqués » est même prévue. Ce camp « serait » même une mesure de clémence envers les détenus. «Au moins n’avons-nous pas dressé de guillotine » dira Hitler dans un entretien avec la presse. Ce camp et les autres venus plus tard seront  bien les piliers de la nouvelle société totalitaire nazie. La presse de Bavière se félicite de la création de Dachau, mais un dicton local « mon dieu ! rends-moi muet que je n’aille pas à Dachau » résume la terreur suscitée dans la population environnante par ce camp. Ce camp qui anticipe le futur monde parfait de la SS doit être modèle.

Ce n’est pas pour rien que Heinrich Himmler chef de la Gestapo nomme en Avril 1934 Théodor Eicke comme administrateur de ce camp « modèle », inspecteur des camps à venir.  Dachau doit servir de « centre de formation » pour un grand nombre de SS. Parmi eux,  Rudolf Höss, chef de camp d’Auschwitz; Josef Kramer, chef du camp de Birkenau ou encore les chefs des camps de Sachsenhausen, de Flossenbürg, de Ravensbrück et Mathausen.

Sa Kommandantur comprend trois grands services : le Schutzhafilager chargé du contrôle de l’effectif et des sanctions, l’Arbeitseinsatz qui gère les travaux, l’intendance et le fonctionnement du camp.

A côté de la Kommandantur : la Politische Abteilung gère les immatriculations. Les Lagerkommandants ont les pleins pouvoirs pour l’administration de son camp. Ils forment eux-mêmes parmi les concentrationnaires, la hiérarchie du camp. Aux politiques, ils préfèrent les criminels, les grands bandits toujours prêts à servir pour une ration supplémentaire, mais parfois désignent les doyens du camp, anciens opposants au régime nazi internés depuis 1933. Ces auxiliaires, une fois investis par nos bourreaux, avaient droit de vie et de mort sur nous, alors que les anciens détenus politiques allemands tentaient plutôt de soulager nos conditions de vie.

La hiérarchie interne du camp était composée d’un chef de camp (lagerältester), d’un chef de block (Blockältester), d’adjoint au chef de Chambrée (Stubendienste), de la police interne du camp (Lagerschutz), du secrétaire du camp (lagerschreiber).

La hiérarchie des kommandos de travail comprenait un chef  (Kapo : triangle vert et brassard jaune) qui avait lui aussi, droit de vie et de mort sur nous, et puis les sous-chefs (Vorarbeiter : triangle vert et brassard vert). L’organisation des kommandos de travail était faite par le bureau de répartition des travailleurs (l’arbeitsstatistik).

 

Notre tenue :

Pendant la quarantaine, nous avions un habillement civil, vêtements pris sur les précédents arrivés. Ces vêtement étaient bariolés de peinture rouge avec une cible dessinée dans le dos.

La quarantaine passée, la tenue se composait d’une chemise, d’un caleçon, d’un pantalon et d’une veste rayée bleu et blanc. Nous devions fixer notre numéro de matricule, un triangle rouge à gauche sur la veste, à droite sur la jambe droite du pantalon.

Qu’il fasse froid : moins 35° en hiver, ou qu’il fasse chaud : plus 35° en été, nous avions la même tenue. Aux pieds des claquettes à semelles de bois avec dessus en toile. sur la tête un béret de la même toile que la tenue.

En même temps que notre tenue nous recevions une gamelle que nous devions accrocher à notre ceinture le jour et cacher sous notre oreiller la nuit, pour ne pas la perdre. Sans elle, nous ne pouvions pas avoir notre ration. Nous n’avions ni cuillère, ni fourchette, ni couteau.

Dans chaque block nous pouvions lire « un pou c’est la mort » mais nous n’avions ni savon, ni serviette, le moindre bout de chiffon nous était interdit.

La tondeuse nous laissait 2 millimètres de cheveux coupés par une raie (strass) dessinée au rasoir, de 4 centimètres de large, partant du front à la nuque, destinée à aligner les rangs au moment des appels. Cette partie du crâne devait être rasée chaque semaine.

Nous n’avions plus de nom, pour nos bourreaux chacun de nous devenait stuk (morceau). Aux différents appels, ils ne disaient pas 30 ou 50 hommes, mais 30 ou 50 stuks.

 

Note de service N°13 adressée au chef de camp

le 6 août 1942 :

Suite à un rapport, le SS Obergruppenführer  Pohl, chef du Wirtsschaftsverwaltungshauptamt; vient d’ordonner que les cheveux en provenance des détenus soient conservés pour une utilisation industrielle.

Le cheveu humain sert à la fabrication de feutre et de fil. Ainsi les longs cheveux de femmes sont utilisés dans la fabrication de chaussons pour les équipages de sous-marins et de bas en feutrine pour les cheminots.

Vous avez par conséquent l’ordre de conserver, après désinfection les cheveux que vous aurez fait couper aux femmes. Les cheveux d’hommes ne sont utilisables qu’à partir de 20mm.

C’est pourquoi le SS Obergruppenführer  Pohl a donné son accord pour qu’à titre d’essai on ne coupe les cheveux aux hommes que lorsqu’ils ont dépassé les 20 mm de longueur. Pour éviter que du fait des cheveux plus longs ne soient facilitées les évasions, il faudra – si le commandant du camp le juge nécessaire – procéder à l’aide d’une petite tondeuse à la découpe sur le haut du crâne d’une bande longitudinale  de cheveux, ce qui permettra infailliblement d’identifier un détenu en fuite.         
                                                                                                    Signé Glücks

 

 

Programme Journalier :

 

Eté :

4 heures : réveil. Dans les secondes qui suivaient il fallait être aux pieds de son lit car c’est avec un gourdin que le Blockältester vous faisait descendre.

4 heures 15 : distribution de liquide appelé « café » avec une fine tranche de pain

4 heures 30 : sortie du block et dénombrement de l’effectif par le chef de block

5 heures : rassemblement général sur la place d’appel en présence des autorités SS du camp.

En semaine, nous ne devions pas être en retard au travail, les appels étaient rapides, par contre les appels pris sur nos temps de sommeil ou de repos pouvaient durer des heures.

L’appel du soir durait dans le meilleur des cas une bonne heure. Ceux du dimanche bien davantage : deux voire trois heures selon les humeurs des autorités.

5 heures 20 : formation et départ pour les  Kommandos de travail

6 heures à 12 heures : travail.

12 heures 10 : distribution du repas  par les Vorarbeiter

Si votre tête avait le bonheur de plaire au chef de block, il plongeait la louche d’un litre dans le bouteillon (Marmite Norvégienne) pour en extraire une soupe relativement épaisse, si votre tête ne lui plaisait pas, il écumait le dessus du bouteillon et vous n’aviez que du liquide. Nous devions manger debout, et il y avait toujours un petit malin pour vous bousculer et faire tomber votre maigre ration.

12 heures 30 : reprise du travail jusqu’à 18 heure 30 puis retour au camp

19 heures à 20 heure (dans le meilleur des cas) : appel.

20 heures 10 : distribution du repas du soir par le Blockältester et ses aides. Une louche de liquide insipide, plus une tranche de saucisson ou un petit carré de margarine et une fine tranche de pain.

Dans le rationnement initial il était prévu à notre arrivé 2 600 grammes de pain par semaine soit 371 grammes par jour, mais au mois de janvier 1945 la ration de pain était de 291 grammes par jour et par personne.

21 heures : théoriquement nous devions être couchés.

Mais là encore, tout dépendait de l’humeur du chef de block. Il pouvait décréter un contrôle de poux. Dans ce cas nous devions nous mettre nus et nous présenter devant lui et ses aides, la chemise dans une main, le caleçon dans l’autre, que nous remettions pour contrôle aux aides, pendant que le chef de chambrée muni d’une torche fouillait notre anatomie à la recherche de poux. Malheur à celui qui en avait un, non seulement il était roué de coups, mais en plus il lui supprimait ses vêtements, sa couverture et sa paillasse, le tout allant à la désinfection.

Un soir, il nous a fait sortir, par moins 15 degrés, sous prétexte qu’il avait entendu un bruit suspect. Nous sommes restés dehors, serrés les uns contres les autres pour ne pas mourir de froid.

 

Frais d’entretien des détenus par jour :

Les frais d’habillement, de logement et de nourriture ne doivent pas dépasser hpour les femmes la somme de 1,32 R.M (Reich Mark), pour les hommes 1,34 R.M.

Les frais d’habillement y compris nettoyage et raccommodage pour les femmes 0,27 R.M, pour les hommes 0,39 R.M.

Les frais de logement femmes et hommes 0,30 RM se décomposent comme suit :

  • matériel  d’équipement lit (châlit à 3 étages) : 0,05 RM 
  • frais d’entretien (chauffage, éclairage, nettoyage, eau, évacuation d’eau  0,15 RM
  • location des bâtiments : 0,10  R M                                                           
  • nourriture, y compris suppléments pour travailleurs de force :  0,65 RM

Expériences médicales faites sur les déportés :

Le camp de Dachau servait également de laboratoire pour des expériences médicales demandées par les corps d’armée nazis.
             
Munich, le 17 février 1943

                 Au Reichsführer  et chef de la police allemande

Monsieur Heinrich Himmler

Berlin SW 11

Prinz-Albrecht-Strasse 8

 Mon Vénéré Reichsführer !

Veuillez trouver ci joint, un compte rendu des résultats obtenus lors des essais de réchauffement par chaleur animale sur des sujets réfrigérés.

En ce moment même, je me préoccupe de prouver par des expériences appropriées, que les sujets humains refroidis par un froid sec, peuvent être réchauffés aussi rapidement que ceux refroidis par immersion prolongée dans l’eau froide. Ma théorie, cependant, est fortement mise en doute par le médecin chef de la SS le SS Gruppenführer Gravitz.

Jusqu’à présent, j’ai fait baisser à un niveau de moins 27-29° la température corporelle d’une trentaine d’individus, laissés en plein air complètement dévêtu, pendant 9 à 14 heures.

On peut lire plus loin :

S’il est dans vos intentions, mon vénéré Reichsführer de faire avancer le plus rapidement possible- soit à Auschwitz, soit à Lublin, ou dans tout autre camp de l’Est – ces expériences d’une importance essentielle pour l’armée de terre, je vous prie, en toute soumission, de bien vouloir me donner très rapidement les ordres nécessaires, pour que je puisse encore profiter des derniers froids de l’hiver.

                                                              Heil Hitler

                                      Votre toujours obéissant, reconnaissant  et dévoué

                                                             S. Rascher

 

 

Les expériences faites à Dachau sont multiples et variées :

Le Reichsführer SS

Le Médecin en chef de la SS et de la police

Objet :traitement  biochimique de la septicémie etc. avec des moyens biochimiques

Au Reichsführer Himmler.

Je me permets de vous soumettre le rapport provisoire suivant, sur les résultats actuels du traitement biochimique de la septicémie et autres cas de maladies.

Durant la période de référence, les 40 cas suivants ont été traités dans l’infirmerie de Dachau avec les moyens  biochimiques :Affections purulentes phlegmoneuses, Septicémie, Furonculose et abcès, Infection de plaies opératoires, Malaria, Pleurésie purulente, Endocardite infectieuse, Nephropyose, Sciatique chronique, Calculs biliaires

La plupart des cas de septicémie ont été inoculés, Les premiers résultats démontrent que dans le cas d’affection grave l’évolution négative n’a pratiquement pas pu être stoppée par les moyens biochimiques. Tous les cas ont été mortels.

En conclusion, sur un total de 40 cas, on peut noter 1 cas positif, 4 cas positifs avec réserves, et 35 échecs, dont 10 cas mortels.

 

Il y a eut un troisième type d’expériences, appelées expériences sur les phlegmons et pratiquées sur ordre de Himmler durant les années 1942 et 1943, des sujets parfaitement sains étaient sélectionnés, contaminés avec du pus prélevé sur des malades souffrant de phlegmons.

( Extrait de l’acte d’accusation du procès des Nazis à Dachau)

Au début pour les expériences, les cobayes devaient être pris parmi les asociaux Tsiganes, mais comme ces asociaux étaient de sang mêlé se nourrissant de manière autre que les nôtres, un dignitaire nazi suggéra de faire ces expériences sur des sujets plus en rapport avec la race germanique et proposa de prendre des prêtres supposés avoir une vie plus saine.

 

Les Punitions

Lettre du 4 avril 1942 : Le Reichsführer aux Commandant des camps de concentrations.

Le Reichsführer SS et chef de la police Allemande vient de décréter que dans les cas où ses ordres d’application de la bastonnade comportent la mention  « peine aggravée» la dite bastonnade est à administrer aussi bien pour les hommes que pour les femmes en détention selon les instructions antérieures du Reichsführer SS.

Lettre du 13 octobre 1943 : En accord avec le chef de la sûreté et du SD, la Bastonnade est à supprimer avec effet immédiat pour les sujets Français étant donné que cette peine corporelle pourrait  après la remise en liberté des détenus, être exploitée à des fins de propagande anti-Allemande.

  Les autres sanctions pouvaient être : la privatisation de nourriture, les stations prolongées sur la place d’appel, jusqu’à  trois heures aux appels du soir, six heures aux appels du dimanche puisque cela  était pris sur notre temps de repos, les travaux supplémentaires  totalement inutiles après le retour du Kommando, bastonnades et flagellation 25 coups de Schlague sur les fesses, suspension par les bras à un poteau, puis la pendaison pour tout acte considéré comme sabotage.

Les bastonnades et les pendaisons se faisaient aux moments des appels du soir. Pour les bastonnades, des tables étaient amenées face à la place d’appel, les condamnées étaient couchés le buste sur la table, un Kapo lui baissait le pantalon puis mettait la schlague dans la main d’un autre détenu (qui pouvait être son meilleur copain, voire son frère ou son père) et il recevait l’ordre d’administrer les 25 coups que le supplicié devait compter tout haut.

Si un déporté travaillant sur une machine outil cassait un foret ou une pièce de sa machine et que le surveillant Allemand ne confirme pas l’incident comme naturel, le déporté pouvait être considéré comme saboteur et pouvait être condamné à la pendaison. J’ai assisté à 6 pendaisons.

Quand les pauvres déportés étaient pendus, nous devions défiler devant les corps, mais en passant devant eux il fallait détourner la tête, car les regarder aurait été un dernier hommage, ce que les nazis voulaient pas.

A l’origine notre extermination systématique n’était pas prévue, mais par les sévices, le travail harassant, la faim et le froid, elle devenait plus que probable. Ci-dessus les fours crématoires de Dachau.

 

Nombre de détenus arrivés à Dachau : Statistique sur le nombre d’arrivées enregistrées à Dachau, d’après les investigations du service international de recherches.

 

1933 –   4 821

1934 –   1 990

1935 –   2 111

1936 – 2 323

1937 –  2 015

1938 – 18 681

1939 –   3 932

1940 – 22 675

1941 – 6 135

1942 – 12 572

1943 – 19 358

1944 – 78 635

1945 – 30 958

 

 

Soit au total 206 206 déportés, dont 31 591 morts déclarés.

N’ont pas pu être authentifiés, ni dénombrés, tous les décès survenus des personnes transférées à Dachau pour y être exécutées, les prisonniers de guerre Russes, les morts aux cours des marches forcées du départ de Dachau ou des camps annexes.

Le camp avait été prévu à l’origine, pour 5.000 détenus. En 1945 les nouveaux arrivés, mes compagnons et moi-même, dormions à 3 par planches  de 70 centimètres de large sur 2 mètres de long (châlits). Dans les Réviers (Infirmeries), ils étaient à deux par lits.

 

Les exécutions au camp de Dachau :

Novembre  1940 : 55 détenus d’origine Polonaise

1941/ 1942 : plusieurs milliers de prisonniers Russes

Février 1944 : 31 prisonniers officiers Russes

Septembre 1944 : 90 prisonniers Officiers, sous officiers et soldats

Quelques jours avant la libération, en avril 1945 : le général Delestraint et 11 officiers Tchèques

 

Le général Dwight Eisenhower, commandant des forces armées alliées, lorsqu’il découvrit la réalité des Camps de la mort en Europe, ordonna de prendre toutes les photographies possibles, et que les Allemands des villages voisins soient guidés à travers les camps et même qu’ils enterrent les morts. Il le fit parce que comme il le dit lui même à ce sujet : « Que tout soit enregistré – Obtenez des films, des témoins : parce qu’au cours de l’histoire, il se trouvera un enfant de salaud qui se lèvera et proclamera que cela n’a jamais existé » ». Le site « Mémory of the camps », chapitre 4, sur Dachau, vous aidera à comprendre pourquoi inlassablement nous témoignons.

 

 

Il faudra que je me souvienne

Poème écrit  au camp de Ravensbrück en décembre 1944

par Micheline Maurel

 Il faudra que je me souvienne,

Plus tard, de ces horribles temps,

Froidement, Gravement, sans haine,

Mais avec franchise pourtant.

 

De ce triste et laid paysage,

Du vol incessant des corbeaux,

Des longs blocks sur ce marécage

Froids et noirs comme des tombeaux.

 

De ces femmes emmitouflées,

De vieux papiers et de chiffons

De ses pauvres jambes gelées

Qui dansent dans l’appel trop long.

 

Des batailles à coups de louche,

A coups de seau à coups de poing.

De la crispation des bouches

Quand la soupe n’arrive point.

 

De ces « coupables » que l’on plonge

Dans l’eau vaseuse des baquets,

De ces membres jaunis que rongent

De larges ulcères plaqués.

 

De cette toux à perdre haleine,

De ces regards désespérés

Tournés vers la terre lointaine.

O mon Dieu, faites nous rentrer !

 

 

 

 

 

 

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Published by jean lafaurie - dans MEMOIRE 1940-1945
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