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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 08:56

APPEL DE THORENS-GLIERES, LE 14 MAI 2011 : Les signataires : Raymond Aubrac, résistant - Stéphane Hessel, résistant, déporté - Marie-José Chombart de Lauwe, résistante, déportée, présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation - François Amoudruz, résistant, déporté, membre de la présidence nationale de la FNDIRP - Daniel Cordier, résistant, secrétaire de Jean Moulin - Georges Séguy, résistant, déporté - Walter Bassan, résistant, déporté - Henri Bouvier, résistant, déporté - Léon Landini, résistant FTP- MOI - Pierre Pranchère, résistant - Jean Marinet, résistant, déporté, président de la FNDIRP de l'Ain - Noëlla Rouget, résistante, déportée - Odette Nilès, résistante, fiancée de Guy Môquet, Charles Paperon, résistant, co-président de l'ANACR Finistère.

Le 8 mars 2004, treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre lançaient un " Appel aux jeunes générations " dénonçant notamment " la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération ".
Cette tendance régressive s'accélère dramatiquement. Nombre de citoyennes et citoyens s'en indignent.
Partout la prise de conscience que les valeurs, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), sont toujours actuelles et ouvrent l'espoir qu'un mieux-vivre ensemble est possible . Il est aujourd'hui concevable de définir un nouveau Programme de la Résistance pour notre siècle. Au lieu de cela, le débat public qui s'annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d'intérêts particuliers sans traiter :
- des causes politiques des injustices sociales,
- des raisons des dérégulations internationales,
- des origines des déséquilibres écologiques croissants.
Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l'élaboration d'un Projet de Société du 21ème siècle en repartant du programme du CNR " Les jours heureux " adopté le 15 mars 1944.
Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l'identité républicaine française.
Avec l'association " Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui " nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielle et législatives de 2012 à prendre trois engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine " Liberté Egalité Fraternité ".
Premièrement, afin de garantir l'égalité :
Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer  services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l'est d'autant plus aujourd'hui, alors que le pays n'a cessé de s'enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l'éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l'égalité républicaine. Une égalité qui n'a de sens que dans le respect du droit des étrangers.
Deuxièmement, afin de garantir la liberté :
- Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.
-  Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l'action de la société civile sera reconnue, et restaurer les conditions du principe d'ailleurs défini à l'article 2 de la constitution actuelle : " gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ".
- Garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d'argent comme en 1944.
Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d' " Assemblée constituante " vers de nouvelles pratiques républicaines.
Troisièmement, afin de garantir la fraternité :
Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine.
Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l'être humain comme l'eau, la nourriture et l'énergie.
Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute nécessité de l'épanouissement du plus grand nombre et d'offrir une perspective d'avenir prometteur aux jeunes générations.
Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection :


" CRÉER C'EST RÉSISTER. RÉSISTER C'EST CRÉER ".
 

APPEL  LANCÉ EN 2004 PAR LES RESISTANTS : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

Article publié par ACRIMED le 3 avril 2006 :

"Nous publions ci-dessous un « Appel de résistants », lancé en 2004, en raison de son actualité. Un triple appel en vérité :

  • à la célébration de l’anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance adopté en 1944 ;
  • un appel à définir un nouveau « Programme de Résistance » ;
  • un appel à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse ».

Cette insurrection-là nous concerne directement." 


A.F.M.D. : les AMIS DE LA FONDATION pour la MEMOIRE de la DEPORTATION assurent le relais des associations de Déportés-Résistants, j'invite vivement tous les descendants et amis à se rapprocher de cette fondation

AFMD - 31, Boulevard Saint Germain - 75005 PARIS -

Tél. 01 43 25 84 98 - Fax 01 43 29 58 92
Email : afmd@afmd.asso.fr Site Internet : http://www.afmd.asso.fr

Siret : 410226518 00018 APE : 913EA
Association culturelle (loi du 1er juillet 1901) - JOA N°1336 du 7 février 1996

Paris le, 18 février 2010
L’association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, dont l’objet statutaire est la transmission de la mémoire de l’Internement et de la Déportation mais aussi l’aide aux victimes de discriminations,

*rappelle que de 1939 à 1944, des « étrangers indésirables », notamment des réfugiés Espagnols fuyant le franquisme, des réfugiés antifascistes et juifs persécutés par le nazisme ont été internés dans divers lieux qui furent ultérieurement, parfois, des antichambres de la Déportation.
* constate que les migrants qualifiés d’étrangers en situation irrégulière ont souvent fui des situations de persécutions politiques et ethniques, de guerre, ou d’extrêmes difficultés économiques et ont été ainsi contraints à un dur exil.
*demande aux pouvoirs publics et à l’ensemble des citoyens de ne pas oublier les leçons du passé, qui montrent que dans certaines circonstances, les attitudes individuelles ou institutionnelles à leur égard peuvent conduire à de graves dérives.
*estime qu’il est du devoir de chacun et de faire en sorte que la France demeure un Etat respectueux des droits humains tels que proclamés au lendemain de la victoire sur le nazisme, dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et un pays accueillant pour celles et ceux qui veulent vivre durablement en liberté sur son territoire.
*ne peut donc rester insensible aux conditions d’accueil qui sont généralement faites aux migrants, en particulier aux mineurs qui devraient bénéficier de la Convention internationale des Droits de l’Enfant
*insiste sur la légitimité de la CIMADE, association constituée dès 1939 pour porter assistance aux réfugiés Espagnols, Allemands et Autrichiens, à poursuivre son oeuvre auprès des exilés d’ aujourd'hui.
*estime que le développement ou l’agrandissement des centres de rétention administratifs, en dernier lieu le CRA du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, à proximité de l’aéroport Charles De Gaulle de Roissy-en-France, est inopportun et contradictoire avec l’accueil humain qui doit être réservé à ces migrants chassés de leurs pays
*reste fidèle à l’espoir en un monde plus juste et plus solidaire formulé par les déportés à leur libération et réaffirmé chaque année dans leur message à l’occasion de la Journée nationale du souvenir de la Déportation.
*en appelle à la vigilance de chacun pour le respect et la protection des droits des populations et des personnes en situation précaire, notamment les migrants étrangers sans titre de séjour placés ou non en centre de rétention administrative.

 

Lettres de professeurs d'Histoire et d'élèves.

 

Monsieur,

C’est avec une grande émotion que j’ai lu votre message, c’est à moi de vous remercier pour votre gentillesse et votre disponibilité.

Votre témoignage est à chaque fois un réel moment d’émotion, à la fois enrichissant, passionnant et particulièrement émouvant.

Nous avons discuté pendant une heure avec les élèves suite à votre intervention.

Ils ont été très touchés par votre témoignage qui leur a appris beaucoup.

Ils ont ainsi compris que cette triste histoire n’est pas si loin, que nous ne pouvons pas la résumer à quelques cartes et quelques photos.

Dans ce monde où le virtuel et la fiction tiennent une place essentielle dans notre quotidien, il est indispensable de leur faire comprendre que nous parlons là d’hommes et de femmes, bien réels, qui ont combattu pour la liberté et la fraternité de tous.

Que ces Hommes en sont sortis marqués, traumatisés mais qu’en rien ils n’ont regretté, que dans notre vie nous avons la possibilité de dire « non » et de défendre des valeurs fondamentales.

Notre devoir est de leur transmettre ce message, de les faire réfléchir et de les faire réagir…

Pour ne plus jamais vivre ça…

Vous pouvez comptez sur nous pour faire ce travail et faire en sorte de ne jamais oublier ce qui s’est passé, en l’honneur de la mémoire de tous et pour la liberté de chacun.

Je suis également attristée par ce qui se passe aujourd’hui, bien évidemment que le discours sur l’identité n’a aucun sens…

Et je me battrai autant que possible contre la suppression de l’histoire en Terminale Scientifique…il est indispensable de faire réfléchir nos jeunes générations…et la citation que vous m’avez mentionnée est tellement vraie, je pense d’ailleurs l’afficher dans ma salle de classe*.

Je tiens à terminer mon message par quelques lignes écrites par une de mes élèves (que vous avez rencontrée hier) dans son devoir sur la résistance : « Ils ont risqué leurs vies pour nous donner une vie meilleure, même si elle n’ est pas parfaite, on l’aime notre France ! »

C’est en lisant ce type de réflexion que je me dis que nous pouvons avoir confiance en l’avenir !!!

Nous serons présents, vous pouvez en avoir la certitude, mes élèves et moi-même à la cérémonie de commémoration en avril, et si je peux être utile à votre association, n'hésitez pas à me contacter

Sincèrement, encore merci

S. N. (Collège)

* " Ceux qui ne savent pas se souvenir de leur passé sont condamnés à le revivre"

                                                                                                           Georges Santayana

Cher monsieur ;

Je me permets de vous écrire car après notre rencontre le mardi 1er octobre au lycée de Nangis, les horaires des bus étant très stricts, je n’ai pas pu vous remercier d’être venu nous parler de votre expérience passée. Je dois vous avouer qu’elle m’a occupé l’esprit pendant de nombreux jours et  suscité un sentiment d’horreur.

Peut-être vous demanderez-vous pourquoi je vous écris ? j’ai simplement eu envie de dire à quel point votre témoignage m’a bouleversée ? il est très important de continuer à informer les jeunes sur ce qui est arrivé et ce qui pourrait arriver si nous relâchons la garde.

Tout cela m’a vraiment donné à réfléchir, en vous écoutant, l’histoire a pris une dimension humaine et réelle. Pour tout ceci je vous remercie du fond du cœur.

J. R.

 

Cher Monsieur,

Je vous écris, ce petit mot pour vous remercier d’être venu si gentiment témoigner de ce qui a été votre vie lors de la seconde guerre mondiale. J’ai été très touchée par votre intervention. Nous sommes informés de tous ces faits la majeure partie du temps, mais rien n’est comparable à un témoignage comme le vôtre. Votre intervention nous aura énormément marqués. Il me semble que personne ne peut rester indifférent à de pareils souvenirs.

J’éprouve beaucoup d’admiration à votre égard. Nous ne pouvons que vous remercier pour tout ce que vous avez fait. Vos actes ont permis à la France de garder sa dignité.

Je suis admirative devant votre courage et votre force d’esprit face à tout cela.

Encore une fois merci à vous, à votre présence et votre gentillesse.

 E.C.  (Terminale littéraire)

                                                                                                                   

Cher Monsieur,

Je souhaite vous remercier de vos interventions, et de vos témoignages. Je suis issue d’une famille de Déportés et de Résistants, et j’ai été très sensible à votre exposé.

Les membres de ma famille qui ont vécu ces faits tragiques sont décédés (mes grands parents, mes oncles). Je tiens leur histoire de mes parents et d’une de mes grand-mères qui ont été un relais.

Dans ma famille, il est très important de garder cette mémoire, nous en parlons encore plus depuis le 21 avril. Les horreurs du nazisme, du racisme, de la xénophobie me font très peur.

Le 1er mai, j’étais dans la rue avec mes parents pour faire barrage à toutes ces idées. Dans ma classe quelques jeunes ignoraient beaucoup de choses sur les monstruosités commises par les nazis, c’est pourquoi vos témoignages sont importants, ils font prendre conscience. Il faut conserver cette « mémoire » ! Je pense que tout commence à partir de la tolérance, Paix et Espoir ! sont les mots les plus importants ! Continuez ! merci encore.

 A. P. ( Terminale Littéraire)

                                                                                                                

Je ne savais pas que Résistant on pouvait l’être aussi jeune. J’ai pris conscience de leur courage et de leur détermination. J’ai appris que beaucoup de gens non résistants aidaient ceux qui avaient eu le courage de s’engager. J’ai appris qu’on pouvait tous faire quelque chose contre ce qui nous révolte, contre l‘inacceptable

Merci d’être venu nous parler de votre combat, de vos espoirs et de vos souffrances, on vous respecte et on vous admire. Continuez de parler, car il faut que l’on se souvienne

J’ai pris conscience de la catastrophe qui aurait eu lieu sans ces gens-là. Je me suis rendu compte que c’est à nous de veiller car les idées à l’origine de cette tragédie n’ont pas disparu,  à nous d’agir pour que jamais de telles horreurs ne se reproduisent.

Votre passage dans cet univers concentrationnaire, la solidarité qui vous animait malgré le pire des dénuements, le petit bout de pain prélevé de votre maigre ration, m’a profondément émue

MERCI de m’avoir fait comprendre que même dans le pire des cas il ne faut jamais renoncer.

 H.V

 

 Monsieur,

Le cours d’histoire de ce mercredi 3 octobre a été différent de ce à quoi nous sommes habitués.

Votre présence parmi nous a beaucoup apporté. La transmission du passé à notre génération est très importante particulièrement quand elle peut être faite autrement que par l’intermédiaire des professeurs et des manuels scolaires, elle devient plus passionnante, plus vivante, plus réelle. C’est pourquoi nous tenons à vous remercier très sincèrement de votre intervention et de l’effort que vous avez dû faire pour remonter tous ces souvenirs terribles dans votre mémoire.

Nous espérons que vous continuerez longtemps à faire profiter de votre expérience nos élèves qui, en règle générale, se souviennent peu, ou pas du tout, de ce qui s’est passé au temps de leurs grands-parents.

Cela nous permettra sans doute de mieux comprendre, mieux analyser et mieux réagir à tout ce qui se passe actuellement dans le monde.

De tout cœur, merci.

 Mme B. (Coordinatrice d’Histoire)

 

C’est avec plaisir que chaque année en octobre nous déjeunons avec monsieur LAFAURIE et monsieur PIERRONNET pour un premier contact. A ce moment s’élabore la trame du travail annuel qui sera fait avec les professeurs et les élèves.

Puis en janvier (malgré l’hiver parfois rude dans nos campagnes) »nos » intervenants interviennent devant les classes de 3eme et racontent qui la Résistance, qui la Déportation.

Ces témoignages sont une réelle richesse pour les jeunes dont les parents n’ont pas connu cette période dure de l’histoire ; leur curiosité est piquée, leur cerveau est captivé par ces récits bouleversants, ces détails méconnus et ces anecdotes, qui pourraient faire sourire si la gravité ne l’emportait pas. Ces jeunes apprennent le passé de leur Pays grâce à cette transmission orale.

Nous ne remercierons jamais assez nos combattants pour la liberté qui continuent le travail de mémoire.

 E. V. ( Principale de Collège)


Les Vertus inégalées d’une « Mémoire vivante » !

Enseigner la seconde guerre mondiale, ses causes, son déroulement à différentes échelles (la planète, l’Europe, la France), ses conséquences…fait partie des défis qu’un professeur d’Histoire et de Géographie doit relever devant ses classes de 3e. … de difficiles questions se posent à lui… Comment transmettre un volume de connaissances suffisant en respectant un cadre horaire restreint ? (Les élèves préparent l’épreuve du Brevet et tous les thèmes du vaste programme allant de 1914 à nos jours…doivent être traités équitablement !) Comment faire ressentir aux élèves l’importance de ces moments si sombres ? Comment les amener à se questionner…et ainsi donner une dimension civique et citoyenne à notre enseignement ?

Mais, pour les élèves comprendre ce chapitre clé de l’Histoire contemporaine est un défi encore plus grand. A 14 ans, ces adolescents ont pour la plupart des « connaissances » très vagues et très sommaires sur la période 1939/1945. Elles se résument souvent à quelques clichés véhiculés par les médias et notamment par la télévision. Malgré la diffusion de téléfilms et de productions cinématographiques de qualité ces dernières années, la monstruosité du nazisme n’est pas ressentie…Quant à l’image du Résistant, elle reste le plus souvent celle stéréotypée du maquisard armé d’une mitraillette Sten, livrant combat. La portée de l’engagement résistant n’est pas saisie !

Une bonne partie de ces difficultés trouve solution chaque année en janvier,avec la venue attendue dans l’établissement de MM. Jean LAFAURIE et Guy PIERRONNET. Devant chaque classe de 3e pendant environ deux heures, ces deux résistants présentent avec modestie, simplicité et clarté leur parcours avant d’engager un dialogue avec les élèves ...  Ces derniers ont préalablement suivi (avec plus ou moins d’enthousiasme) les leçons sur la seconde guerre mondiale. Ils maîtrisent donc une chronologie et connaissent certaines définitions :

Résistance, Déportation…L’entretien avec MM Lafaurie et Pierronnet a été préparé, un questionnaire a été élaboré…Il est bien souvent dépassé au moment où l’échange s’instaure.

Les élèves se montrent d’abord attentifs par respect autant que par curiosité… le cours prend une forme inhabituelle : celle du récit…L’intervenant n’est pas celui qu’on connaît : le professeur s’est effacé…Très vite, la curiosité cède le pas à l’intérêt…Un intérêt qui ne se dément pas. Durant deux heures qu’ils ne voient guère passer, ces jeunes ont pour la première fois l’occasion de faire de l’Histoire au sens où ils sont placés en lien direct avec les acteurs des faits relatés. Les évènements prennent du relief. Le ressenti est d’autant plus fort que les témoins sont à même de trouver les mots justes pour exprimer leurs émotions, leurs souffrances, leurs espérances sans jamais tomber dans la sensiblerie.

D’eux-mêmes les clichés tombent. L’engagement résistant prend du sens auprès de chaque élève capable désormais d’associer des visages à des actes dont il prend conscience de la diversité. Guy Pierronnet évoque avec pédagogie la situation de la France et de la Seine et Marne en 1940, son action dans la résistance en région parisienne, la vie qu’il a du mener, ses peurs, ses doutes, ses certitudes.

Jean Lafaurie présente son parcours dans le Sud-Ouest de la France. Il décrit le maquis auquel il a appartenu.  Il relate son arrestation, son jugement, son emprisonnement qui n’empêche pas la poursuite de son combat. Il témoigne ensuite de la déportation, de l’enfer des camps de concentration, de son retour, des raisons de se souvenir sans haine mais sans oublis. Les deux heures n’y suffisent pas toujours… mais le but premier est atteint.

A la lecture des notices biographiques que les élèves ont ensuite à rédiger, on constate que la plupart ont une perception plus précise de cette période troublée. Des points trop rapidement évoqués en cours, ont été mis en lumière : comme la diversité des formes de résistance, comme la terrible répression menée par les forces d’occupation mais aussi par le gouvernement collaborateur de Vichy.

Toutes les questions des élèves n’ont pas obtenu de réponses… mais l’intérêt des élèves a été stimulé et c’est là l’essentiel. Les questions resurgissent à l’occasion des cours suivants. Elles donnent lieu à des travaux de recherches lors du montage vidéo des témoignages qui ont été filmés et dans le cadre de la préparation du Concours National sur la Résistance et la Déportation. De longue date les élèves du collège y participent en nombre important mais surtout volontairement. C’est la preuve d’une soif d’apprendre, de comprendre, que les témoignages ont contribué à éveiller.

 - Parce qu’ils permettent une meilleure compréhension d’une période particulièrement complexe.

 - Parce qu’ils suscitent l’intérêt et une prise de conscience chez les élèves indépendamment de leurs niveaux et de leurs résultats scolaires.

 - Parce qu’ils laissent un souvenir impérissable dont reparlent fréquemment nos anciens collégiens devenus lycéens lorsque nous avons l’occasion de les rencontrer.

 - Parce qu’ils donnent une dimension humaine à des faits historiques dont la connaissance doit absolument être perpétuée.

 - Parce qu’ils conduisent à un questionnement personnel.

 - Parce qu’ils sont encore possibles grâce au dévouements et la disponibilité de personnes comme MM Lafaurie et Pierronnet.

Pour toutes ces raisons, les témoignages de Résistants, de Déportés, auprès des jeunes sont irremplaçables. Ils doivent être maintenus et encouragés autant que faire se peut. A ceux qui les rendent possibles, MM Jean Lafaurie et Guy Pierronnet tout particulièrement, nous professeurs et élèves du collège Jules Verne de Provins, adressons nos remerciements les plus profonds.

B. et B.  (professeurs d’Histoire-Géographie Collège)

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ftplibre 07/03/2011 13:03


Je me permets de déposer cet appel de 2004 de résistants,
appel passer sous silence par les medias de masse.

http://www.acrimed.org/article2323.html


Nous publions ci-dessous un « Appel de résistants », lancé en 2004, en raison de son actualité. Un triple appel en vérité : à la célébration de l’anniversaire du programme du Conseil National de la
Résistance adopté en 1944 ; un appel à définir un nouveau « Programme de Résistance » ; un appel à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse ». Cette
insurrection-là nous concerne directement (Acrimed)

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945),
appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le
nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre
l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux
générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme
du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture
et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et
prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques,
intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la
démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes
politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme
se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de
communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à
outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et
aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

Signataires :

Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges
Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.