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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 09:05

RESISTER :

Les débuts de la Résistance - Les options - Histoires d'hommes, de femmes  - Charles de Gaulle - Jean Moulin - le Général Delestraint -Rol-Tanguy

Les débuts de la Résistance :

Dés l’appel  de Pétain à l’acceptation de la défaite, avant même celui du Général de Gaulle, il se trouve des hommes et des femmes pour dire non. Des militaires et des civils : de Gaulle, qui s’envole pour Londres, mais aussi le jeune lieutenant Jean Simon (futur général et futur grand chancelier de l’Ordre de la Libération) qui avec son ami Pierre Messner, décide de continuer, coûte que coûte tandis qu’à Chartres, le Préfet Jean Moulin refuse de signer l’acte infamant que l’ennemi veut lui faire avaliser.

C’est ce même jour 17 juin 1940, à Bordeaux le communiste Charles Tillon, et à Brive, le chrétien-démocrate Edmond Michelet, l’un en se référant à la lutte des classes, l’autre citant Péguy, qui appellent à la poursuite du combat contre la Barbarie nazie. Le 18 juin, de Gaulle lance l’appel qui faute d’être largement entendu prend néanmoins valeur de symbole.

Dans les jours qui suivent, tous les hommes valides de l’île de Sein prennent la mer pour rejoindre le général. Le 21 juin, ce sont 31 parlementaires qui s’embarquent sur le Massilia, dans l’espoir de pouvoir, à partir de l’Afrique du Nord, continuer la lutte. Ce sont aussi de multiples gestes d’anonymes, sabotages de câbles téléphoniques allemands, aide apportée aux prisonniers de guerre évadés … Et des tracts, des appels.

Dés les premiers jours, il y a de multiples actes qui attestent que quelque chose est en train de naître, qui deviendra la Résistance…

Et lorsque le 11 novembre 1940, anniversaire de la victoire de 1918 sur l’Allemagne, les étudiants et lycéens manifesteront à Paris, devant l’Arc de Triomphe, contre l’occupation, la Résistance intérieure aura apporté la preuve qu’il faut compter avec elle, comme il faut compter avec la Résistance extérieure des Forces Française Libres (F.F.L.), qui sous la conduite du colonel Leclerc, bientôt, vont s’emparer de l’Oasis de Koufra en Libye et prêter le serment de ne s’arrêter qu’à Strasbourg. La résistance devient réalité. Article paru dans le Patriote Résistant N°837 sous la signature  M.V

 

Les options :

Extraits du Spécial Concours national de la Résistance et de la Déportation 2010 du Patriote Résistant de décembre 2009.

L’appel à la résignation, lancé par Pétain le 17 juin 1940

« En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui dans un dénouement extrême sillonnent nos routes. Je leur exprime toute ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se groupent autour du Gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n’écouter que leur foi dans le destin de la Patrie ». Maréchal Pétain, le 17 juin 1940.

 

L’appel à la lutte … lancé par de Gaulle le 18 juin 1940

« Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! croyez -moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. (…) Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance Française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »

Par cet appel de Gaulle entend signifier qu’il existe une autre politique, que la France n’est pas seule, il fustige les chefs qui sont à la tête des armées française donc responsables de la défaite, il sait de quoi il parle, lui ex-professeur d’histoire militaire à Saint–Cyr, puis admis à l’Ecole supérieure de guerre, lui, qui a toujours voulu que la France se dote de moyens modernes

 

Pétain, lui, rejette la responsabilité de la défaite, non pas sur les militaires dont il est le chef, mais sur « la classe politique française » et sur « l’esprit de jouissance » du peuple français, les 40 heures, les congés payés, etc. C’est pourquoi divers groupements de la droite la plus réactionnaire qui n’ont pas digéré la victoire du front populaire et les grandes avancées sociales se rallieront très vite à lui et feront du régime de Vichy une dictature répressive.

 

Charles de Gaulle - Jean Moulin - Le Général Delestraint - Rol Tanguy ...

Ils ont organisé, rassemblé, ceux qui d'horizons les plus divers refusaient l'armistice demandée et signée par Pétain, luttaient contre la propagation de  l'idéologie nazie, du fascisme, ceux qui ont choisi de Résister avec eux, quel qu'en soit le prix  :  Charles de Gaulle, Jean Moulin, le Général Delestraint ...

Les paroles du Chant des Partisans sont de Maurice Druon et Joseph  Kessel, la musique d'Anna Marly.

 


CHARLES DE GAULLE :

Il est né le 22 novembre 1890.

En 1908 il entre à Saint Cyr d’où il sort diplômé en 1912. Lieutenant il choisit d’être affecté au 33ème régiment d’infanterie d’Arras sous les ordres du colonel Philippe Pétain.

Sa conduite pendant la guerre de 1914/1918 lui vaudra le 23 juillet 1919, la croix de chevalier de la Légion d’Honneur, et la croix de guerre 1914/1918 avec étoile de bronze.

Lors de la déclaration de la 2e guerre mondiale,  il est nommé commandant des chars de la 5e armée. En janvier 1940, il envoie à quatre-vingts personnalités, dont Léon Blum et Paul Reynaud, ainsi qu’au généraux Maurice Gamelin et Maxime Weygand, un mémorandum fondé sur les opérations en Pologne intitulé « l’Avènement de la force mécanique », le texte insiste sur la nécessité d’allier le char et l’aviation.

Le 15 mai 1940, il reçoit la mission de retarder l’ennemi dans la région de Laon, mais n’ayant  reçu qu’une partie des unités de la 4e DCR, il est contraint de se replier. Le 1er juin 1940, il fait fonction de général de brigade.

Le 6 juin 1940, convoqué à Paris par le Président du Conseil Paul Reynaud il est élevé au grade de général, mais sort de la hiérarchie militaire pour occuper un poste ministériel dans le gouvernement, celui de sous secrétaire d’Etat à la Guerre et à la Défense Nationale. Il a pour mission de coordonner l’action avec le Royaume-Uni pour poursuivre le combat.

Le 9 juin1940, il rencontre Churchill qu’il tente en vain de convaincre d’engager davantage de forces y compris aériennes. Le même jour les troupes nazies franchissent l’Oise et occupe Rouen.

Le 10 juin 1940, Mussolini déclare la guerre à la France et à la grande Bretagne. Le même jour le gouvernement après avoir déclaré Paris Ville ouverte  quitte la Capitale pour la Touraine, de Gaulle est partisan d’un repli vers la Bretagne.

Le 11 juin 1940, le comité suprême interallié se réunit et charge de Gaulle d’étudier la possibilité de poursuivre la lutte, mais le haut Etat Major n’y croit pas et repousse l’idée de guérilla lancée par Churchill, Pétain a déjà choisi la capitulation, il s’écrie  « ce serait la destruction du pays ! »

Le 12 juin 1940, de Gaulle se rend à Rennes où il préside une réunion avec le général Altmeyer où l’on étudie la possibilité de transférer les troupes en Afrique du Nord, mais quand il revient en Touraine, il apprend que les chefs militaires suivent Pétain et optent pour l’armistice.

Le 14 juin 1940, le Gouvernement quitte la Touraine pour Bordeaux..

Le 16 juin 1940, de Gaulle dicte par téléphone la note Anglo-French Unity Projet d’Union franco-britannique à Paul Reynaud. qui adhère avec enthousiasme au projet. Mais il doit convaincre ses ministres. Malgré les deux lectures du projet, Paul Reynaud reçoit un accueil réfrigérant. Face a cet état de fait, Paul Reynaud profite d’une interruption de séance pour présenter sa démission au Président de la République Albert Lebrun.

De retour de mission le même jour, à Bordeaux, de Gaulle apprend la démission de Paul Reynaud, son remplacement par Philippe Pétain et la demande d’Armistice. De Gaulle est évincé du gouvernement.

Dans la nuit du 16 au 17 juin 1940, le cargo Broompark, quitte le port de Bassens en Gironde avec Vingt-six bidons contenant les cent-quatre-vingts kilos d’eau lourde que Frédéric Joliot-Curie s’est procuré en Norvège par l’intermédiaire de Jacques Allier du deuxième Bureau de l’Armée Française.

Le 17 juin 1940, de Gaulle qui est contre cette armistice, quitte la France avec le général Anglais Spears  et le lieutenant de Courcel. Après un arrêt à Jersey pour prendre de l’essence ils repartent pour Londres où ils arrivent en début d’après-midi.

Le 18 juin 1940, il lance son appel et ce texte reste l’une des plus célèbres allocutions de l’Histoire de France. (voir archives INA ses discours du 18 et 22 juin 1940 et article précédent).

On sait aujourd’hui que tout au long de la journée du 18 juin, le Conseil des ministres britannique a discuté du texte de de Gaulle, car lord Halifax ministre des Affaires étrangères et les ministres qui ont approuvé les accords de Munich, veulent ménager le gouvernement de Pétain et attendre de voir s’il va signer l’armistice.

Churchill vieux partisan de la fermeté contre Hitler, soutient de Gaulle  et la poursuite de la guerre, il doit mettre son autorité dans la balance pour que de Gaulle puisse prononcer son sonttexte à la B.B.C .

Le but de de Gaulle n’est pas de former une légion de volontaires qui continueraient la lutte aux côtés des Anglais. Il veut remettre la France en tant que telle, dans la guerre contre Hitler, en formant une armée et un contre Etat doté de tous les attributs de souveraineté et de légitimité, qui se donne une base territoriale en ralliant les territoires français de l’Empire colonial, future plate-forme de la reconquête.

Dés le début de l’été de 1940, à partir de presque rien et assisté de quelques volontaires, il jette les bases d’une marine (FNFL), d’une aviation (FAFL), de forces terrestres (FFL) d’un service de renseignements (le BCRA). La Croix de Lorraine proposée par l’amiral Muselier devient son emblème. Les statuts juridiques de la France Libre et ses rapports avec le gouvernement anglais sont fixés par le juriste René Cassin.

La France libre a bientôt sa banque, son journal officiel, ses décorations, Le général fonde l’Ordre de la Libération en Octobre 1940, pour honorer ses compagnons. Des comités actifs dans le monde entier se constituent et tentent de rallier de Gaulle.

En France, de Gaulle est condamné par contumace à quatre ans de prison et à la perte de la Nationalité Française, puis le 2 août 1940 il est condamné à mort avec dégradation militaire et confiscation de ses biens par le Tribunal militaire de Clermont-Ferrant  pour « Trahison, atteinte à la sécurité de l’Etat, désertion à l’étranger ».

En revanche il a le soutien de Winston Churchill, du Parlement, de la Presse et de l’Opinion publique britannique. Cet appui, comme celui de l’opinion Américaine, se révèlera un atout précieux lors des tensions avec Londres et Washington. De Gaulle se veut l’incarnation de la France.

Le 7 août 1940 il obtient de Churchill la signature de l’accord des Chequers, par lequel le Royaume-Uni s’engage à sauvegarder l’intégrité de toutes les possessions française et à la restauration intégrale de l’indépendance et de la grandeur de la France. De plus le gouvernement britannique s’engage à financer toutes les dépenses de la France libre.

Un jour Churchill à court d’arguments, lance à de Gaulle : « Vous n’êtes pas la France ! nous avons consigné tout cela par écrit ». De Gaulle réplique immédiatement ; « j’agis au nom de la France. Je combats aux côtés de l’Angleterre mais non pour le compte de l’Angleterre. Je parle au nom de la France et je suis responsable devant elle. S’il y a un homme dont les Anglais n’ont pas à se plaindre, c’est bien moi ». Churchill avait surnommé de Gaulle« Jeanne d’Arc »

Le 27 mai 1943, le Conseil National de la Résistance réunit sous la Présidence de Jean Moulin représentant en France occupée le général de Gaulle, rassemble :

huit mouvements de la Résistance Intérieure à savoir : Combat, Libération Zone Nord, Libération Sud, Franc Tireur et Partisans (FTP), Front National (rien à voir avec le front national actuel), Organisation Civile et Militaire (OCM), ceux de la Résistance(CDLR), Ceux de la Libération (CDLL),

2 grandes centrales syndicales : la Confédération Générale du Travail (CGT réunifiée), la Confédération des Travailleurs Chrétiens.

5 partis politiques : Le Parti Communiste, le Parti Socialiste, les Radicaux, la Droite Républicaine et les Démocrates Chrétiens.

Le Conseil National de la Résistance légitime le rôle du général de Gaulle comme représentant de la France.

Les relations avec Franklin Roosevelt sont des plus tendues, et plus problématiques, Roosevelt n’aime pas de Gaulle et les anti-gaullistes  sont nombreux en Amérique. Il faut dire que le Président est aussi très mal informé  sur la situation en France, par l’ambassadeur américain en poste à Vichy (jusqu’au mois de mai 1942).

De Gaulle mise beaucoup sur l’Empire français, le président américain est, lui, profondément hostile au système colonial et envisage de confier après la guerre, les colonies françaises à une institution internationale qui préparerait leur évolution vers l’indépendance.

Roosevelt projetait de faire de la France un Etat faible, et le projet d’Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT) allait même très loin dans cette direction, en traitant la France comme un pays vaincu, plutôt que comme une des puissances victorieuses.

La haine de Roosevelt  pour de Gaulle était très forte, car il le considérait (comme un futur tyran ou au mieux comme un opportuniste) au point que ses adjoints finirent par en prendre ombrage, y compris le très pusillanime secrétaire des Affaires étrangères Condell Hull qui, finalement, se rangea aux cotés de la France libre et de son chef : de Gaulle.

Oui après l’occupation Allemande, nous aurions pu subir une nouvelle occupation : Américaine. Nous devons à la pugnacité du général de Gaulle de n’avoir pas connu cette nouvelle occupation.

Malgré son exclusion par Roosevelt du débarquement américano-britannique en Afrique du Nord (Voir affaire Mers-el-Kebir Opération Torch), de Gaulle réussit à prendre pied à Alger en mai 1943 où il créa avec Henri Giraud le Comité Français de la Libération nationale (CFLN).

Après le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, le général de Gaulle qui avait su imposer l’image de la France Combattante, fit son entrée en territoire français en vainqueur au même titre que les représentants des armées alliées.

On peut être d’accord ou pas avec de Gaulle homme politique, mais pour la période 1940/1945, je pense qu’il y a l’unanimité pour reconnaître qu’il a été un grand homme, et que la France et les Français lui doivent beaucoup.

 

JEAN MOULIN :

Il est né le 20 juin 1899. En 1936, il soutiendra  la jeune République Espagnole. Mobilisé pour la première guerre mondiale en avril 1918, la signature de l’armistice lui vaudra de finir cette guerre sans avoir combattu. Reprenant ses études après sa démobilisation, il obtiendra une licence de droit en 1921.

En 1922, il est nommé chef de cabinet du préfet de la Savoie, en 1925 à Alberville : il est le plus jeune sous préfet de France. En 1932, il est appelé au cabinet de Pierre Cot au secrétariat aux Affaires Etrangères, puis deux fois chef de cabinet au Ministère de l’Air en 1933 puis en 1936 dans le gouvernement du Front Populaire. Sa principale réalisation fut la Nationalisation de la compagnie aérienne qui deviendra Air France. En 1937, il est le plus jeune Préfet de France, en Aveyron.

En 1939, au début du conflit, le sergent de réserve Jean Moulin, Préfet de l’Eure et Loire à Chartres, veut aller au combat. L’administration l’estime plus utile à la préfecture et lui refuse de quitter son poste.

Le 10 mai 1940, de nombreux réfugiés arrivent à Chartres et Jean Moulin organise le mieux qu’il peut leur installation.

Du 18 juin 1940 au 02 novembre 1940, toujours Préfet de l’Eure et Loire sous la direction du Maréchal Philippe Pétain, il s’oppose très vite à ses choix. Il est révoqué le 2 novembre 1940, et fait le choix de la Résistance. Il prend contact avec les mouvements de Résistance en Zone libre où il vit ; il distribue des tracts et des journaux clandestins, il est très vite persuadé de la nécessité d’unir tous les mouvements de la résistance intérieure et extérieure. Il rédige un rapport dans ce sens et décide d’être l’homme qui établira ce lien. C’est dans cet esprit qu’il rejoint le général de Gaulle à Londres en octobre 1941 sous le nom de Joseph Jean Mercier.

Il est parachuté dans la nuit du premier au deux janvier 1942, dans les Alpines à proximité d’Avignon, avec le titre de délégué du Comité National nommé par de Gaulle lui-même.

Dans une première période, il prend contact avec les chefs des divers mouvements de Résistance. Vers la mi 1942, il regroupe les effectifs des divers mouvements dans l’A.S

(Armée Secrète ) sous le haut commandement du Général  (Vidal) Delestraint..

Le Comité Directeur de coordination en janvier 1943, après quelques modifications devient,  Mouvements Unis de le Résistance ( M.U.R.)

En février 1943, Jean Moulin repart à Londres pour rencontrer de Gaulle, il revient le 21 mars avec pour mission de créer le Comité National de la Résistance (C.N.R.) dont il est le représentant pour l’ensemble du territoire. Sa création est difficile,  mais la première réunion du CNR à lieu le 27 mai 1943 à Paris, le programme du CNR est établi (voir Internet).

Le 21 juin 1943, Jean Moulin est arrêté à Caluire dans la banlieue de Lyon au cours d’une réunion qui avait pour but, le remplacement du Général Delestraint qui venait d’être arrêté à Paris. Il est arrêté sous l’identité de Martel alors que la Gestapo recherche un dénommé « Max » , aussi ignore-t-elle qu’il est jean Moulin.

Il est interné au Fort Montluc à Lyon. Tous les jours, il est transféré à l’école de santé pour y être torturé par Klaus Barbie. Jean Moulin ne dévoila rien. Il fut ensuite transféré à Neuilly puis envoyé à Berlin où il n’arrivera jamais car il est mort en gare de Metz des suites des tortures endurées, officiellement d’une défaillance cardiaque.

Jean Moulin victime de la barbarie nazie est mort en héros, il reste un exemple de la Résistance Française à l’ennemi, son souvenir  comme celui des milliers de victimes anonymes ne doit jamais s’éteindre. (voir site de l'INA : Jean Moulin, discours de Malraux,

qui reprend l'historique de la Résistance et le rôle de Jean Moulin : durée 20 minutes environ)

 

LE GENERAL DELESTRAINT :

Le 8 juillet 1940 le Général Delestraint mis à la retraite suite à la décision d’armistice voulue par Pétain, saluait ainsi ses soldats en leur disant adieu.

« Il dépend de nous, de vous surtout, les jeunes, que la France ne meure pas… je répète à tous : confiance, confiance encore, confiance toujours ».

Malgré son âge avancé, sexagénaire, il se lance dans le combat pour la libération sous le pseudonyme de Vidal. Premier commandant de l’Armée Secrète, il est arrêté le 6 juin 1943 à Paris sur dénonciation, suite à l’arrestation de Jean Moulin mais demeure ferme et irréprochable aux mains de l’ennemi.  Il refuse de répondre lors des interrogatoires.

Déporté au camp de Natzwiller (Struthof) pour y être jugé par un tribunal Allemand, il y restera jusqu’en septembre 1944, au moment de l’avance alliée, il est transféré au camp de Dachau où il devient le représentant Français au Comité clandestin du Comité International du camp.

Il ne fut jamais jugé, donc jamais condamné, mais il fut assassiné dix jours avant la libération du camp.

 

COLONEL HENRI ROL-TANGUY :

Henri TANGUY, officiellement Rol-Tanguy, dit Colonel Rol-Tanguy est né le 12 juin 1908 à Morlaix, dans une famille de marins Bretons, fils d’un officier marinier et d’une blanchisseuse.

En 1922, il est ouvrier métallurgiste, en 1925, il devient tôlier en carrosserie aux usines Renault de Boulogne-billancourt, où il adhère aux jeunesses communistes et devient responsable de cellule. Il est licencié quelques mois plus tard  pour fait de grèves. Dès lors, les portes des grandes usines lui sont interdites.

En 1929, il fait son service militaire en Algérie au 8ème régiment des zouaves par mesure disciplinaire pour ne pas s’être inscrit à temps sur les listes de recensement. Il quitte l’armée soldat de 1ère classe, combattant d’élite avec une formation de mitrailleur mécanicien, de télémétreur et d’armurier.

Embauché à l’entreprise Nessi à Montrouge puis aux usines Breguet en septembre 1930, il suit des cours de perfectionnements et devient tôlier-formeur, chaudronnier en cuivre, tuyauteur et soudeur.

En 1934, il revient au militantisme communiste et crée chez Breguet une cellule communiste et un syndicat C.G.T.U. Licencié en 1935 suite à une action revendicative, même les petites entreprises lui sont fermées.

En octobre 1936, il devient secrétaire du syndicat des travailleurs de la métallurgie C.G.T. de la région parisienne. Lorsque la guerre d’Espagne éclate en 1936, il anime la campagne de solidarité avec les Républicains de la Fédération des Métaux. En 1937 il rejoint les Brigades Internationales. Officier, il occupe le poste de commissaire politique dans la 3ème Brigade ( La Marseillaise). En février 1938, il participe aux combats de l’offensive de l’Ellèze. Le 18 juin 1938, il est blessé d’une balle dans la poitrine sur le front de l’Ebre. Il rentre en France en novembre 1938n et le 19 avril 1939 épouse Cécile Le Bihan sa marraine de guerre, militante communiste comme lui. Ils auront quatre enfants.  

Deuxième guerre Mondiale :

Henri Rol-Tanguy est mobilisé en septembre 1939, affecté comme soldat de 1ère classe au 37ème régiment d’infanterie coloniale (57ème RIC) en Lorraine. En mai 1940, il est affecté comme armurier au 38ème R.I.G mixte sénégalais ; il y prend part aux combats de la 28ème Division du 5 au 24 juin 1940.

Il est démobilisé en Août 1940 après avoir été cité à l’ordre du régiment. Le 5 octobre, il entre dans la clandestinité en apprenant qu’une vague d’arrestations frappe les militants communistes, il participe à la mise sur pied de l’Organisation Spéciale (O.S), le PCF lui confie la responsabilité du secteur Sud de Paris et de sa banlieue.

En août 1941, il est chargé avec Raymond Losserand et Gaston Carré de l’organisation, dans la région parisienne, de groupes armés, qui en février 1942 deviendront F.T.P. Tanguy exerce dans ce « triangle de direction » la fonction de responsable militaire. Losserand et Carré arrêtés en mai 1942 seront fusillés. Tanguy reforme un triangle de direction avec Roger Linet et Raymond Colin.

Tanguy change de zone pour raison de sécurité et devient chef des FTP pour la région Poitou-Anjou,  puis revient en région parisienne en mai 1943 pour réorganiser, avec Joseph Epstein et Edouard Vallerand les Francs-tireurs de la région parisienne  et rédige avec sa femme Cécile le journal clandestin : Le franc-tireur Parisien.

En septembre 1943, il est nommé représentant FTP au Comité d’Action contre la Déportation, chargé de saboter les départs au STO. En octobre 1943,  de représentant FTP, il passe à l’état-major des FFI de la région parisienne qui regroupe onze départements autour de Paris.

D’abord sous-chef de l’état-major, puis chef régional en mai, en juin il est nommé colonel chef de la région P1, (Seine, Seine et Oise, Seine et Marne, Oise), qu’il baptise « Ile de France ». C’est alors qu’il prend son dernier pseudonyme Rol, nom d’un combattant des brigades Internationales, Théo Rol tué en 1938 pendant la bataille de l’Ebre.

Il se consacre alors entièrement à la préparation de la libération de la capitale en liaison étroite avec le Comité d’action militaire du Conseil National de la Résistance, le COMAC et le délégué militaire National du général de Gaulle, Jacques Chaban-Delmas.

Le 10 août 1944, l’avance des armées alliées en Normandie donne le signal de l’insurrection : des grèves éclatent dans les administrations parisiennes : Poste, Police ; le 18 août, c’est la grève générale des parisiens. Dès le lendemain, les barricades commencent à fleurir dans tous les arrondissements.

Le 20 août 1944, l’état-major FFI est installé en sous-sol place Denfert-Rochereau et la préfecture de police est prise. Le colonel Rol-Tanguy réalise dans les journées du 20 au 24 août, une manœuvre générale libérant les 9/10ème de la capitale. Le 25 avec l’appui de la 2ème DB du général Leclerc, le colonel Rol-Tanguy reçoit et signe l’acte de redditions sans condition des forces allemandes du général Von Choltitz.

Dans le courant du mois de septembre, il est désigné auprès du colonel Billotte pour contribuer à mettre sur pied une nouvelle unité, la 10ème division d’infanterie, mais il ne sera pas nommé à sa tête.

En janvier 1945, il effectue un stage de perfectionnement à Provins. Il est ensuite affecté au PC de la 1ère Armée Française du général de Lattre De Tassigny, il participe aux combats en Allemagne entre le 8 et le 25 avril 1945, de Tübingen à Sigmaringen. Le 18 juin 1945, il est décoré de la Croix de la Libération par le général Charles de Gaulle et devient militaire d’active avec le grade de Lieutenant-colonel.. Il restera en Allemagne jusqu’au 2 octobre 1945, comme adjoint au colonel gouverneur militaire de Coblence.

Après la guerre :

En avril 1947, il est affecté au cabinet militaire de la Défense Nationale. De 1948 à 1951, il est chef du 3ème bureau de l’état-major de la subdivision du Mans, puis prend sa retraite en 1962.

Le 8 septembre 2002, il décède à Paris. Le 13 septembre 2002, un hommage national présidé par Jacques Chirac lui est rendu  aux Invalides. Il repose à Monceaux dans le Loir et Cher.

Reconnaissance et Décorations :

Le 23 août 2004, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Libération de Paris, une « Avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy » est inaugurée dans le XIVème  arrondissement de Paris.

- Compagnon de la Libération : décret du 18 janvier 1946

- Grands-croix de la Légion d’Honneur

- Croix de guerre 39/45 (3 citations)

- Médaille de la Résistance

- Croix du Combattant Volontaire

- Croix du Combattant Volontaire de la Résistance

- Medal for Freedom (USA)

- Médaille de l’Amitié des Peuples (URSS)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by jean lafaurie - dans MEMOIRE 1940-1945
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