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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 09:07

 

         Jean Louis Roger LAFAURIE

 

Je suis né le 30 novembre 1923 à Cajarc (Lot 46). J’ai  rejoint l’0.S en décembre 1940, puis les F.T.P.F (Francs Tireurs et Partisans Français) en 1942 dans le Maquis Guy Môquet situé en Corrèze. Arrêté pour fait de résistance le 14 juillet 1943, j’ai été emprisonné à la prison de Tulles puis de Limoges où je suis passé devant une section spéciale qui m’a condamné à 5ans de travaux forcés.

Muté à la centrale d’Eysses en octobre 1943, je participe aux diverses manifestations résistantes et à la tentative d’évasion avortée du 19 février 1944. 12 de mes camarades résistants sont alors condamnés à mort par une cour martiale présidée par Joseph Darnand chef de la Milice, ils sont passés par les armes le 23 février 1944.

Le 30 mai 1944, livrés aux SS par le gouvernement présidé par Philippe Pétain, nous partons pour le camp de Compiègne, le 18 juin vers le camp de concentration de Dachau puis dispersés dans divers camps ou commandos. Nous sommes libérés le 29 avril 1945.

Mis à la retraite en 1983, je rejoins l’association d’anciens déportés U.N.A.D.I.F (Union Nationale des Associations de Déportés Internés et Familles) de Côte d’Or pour participer au devoir de mémoire.

En 1996, je pars en Seine et Marne et je rejoins la F.N.D.I.R.P (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) et son antenne Seine et Marnaise l’A.D.I.R.P (Association des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes où je suis nommé président de la section de Provins-Nangis (77).

En 1998 je suis nommé secrétaire départemental et rédacteur du journal « Le Patriote de Seine et Marne ».

En 2005, je suis membre du bureau National et Vérificateur aux comptes de la section des Anciens Combattants de Nangis (77). A ces diverses fonctions, je dois ajouter 20 conférences par an en milieu scolaire : Collèges, Lycées et Centres d’apprentissages.

Pour cette activité qui entre dans la mission de transmission de la mémoire de l’époque 39/45, certains chefs d’établissements, reconnaissant l’importance de ces conférences m’ont proposé pour les Palmes Académiques (propositions non abouties).

 

Pourquoi témoigner ?

Si je me sens aujourd’hui obligé de témoigner, c’est que je constate que les idées de progrès  incarnées par la Résistance et figurant dans le programme du Conseil National de la Résistance ont  toutes disparues, que les valeurs essentielles comme le respect que nous devons à nos martyrs morts pour avoir défendu les libertés dont nous jouissons aujourd’hui sont pratiquement oubliées par les médias.

Aujourd’hui les jeunes gens ne savent même plus à quoi correspond le 11 novembre, le 8 mai. Un ami, Colonel instructeur a demandé à l’un de ses élèves, qui était de Gaulle, le jeune homme n’a pas su répondre. 

En 1945, le commandant suprême des forces armées alliées : le Général Dwight Eisenhower, en découvrant l’horreur des camps de la mort d’Europe, ordonna de prendre toutes les photographies possibles, que l’on aille chercher les allemands des villages voisins, qu’ils soient guidés à travers les camps, qu’ils enterrent eux-mêmes les morts. Il le fit parce que comme il le dit lui-même : « Que tout soit enregistré – Obtenez des films – trouvez des témoins, parce qu’au cours de l’histoire, il se trouvera un enfant de salaud qui se lèvera et proclamera que cela n’a jamais existé » (*) (voir site « MEMORY OF THE CAMPS »).

Ce que ce général avait prévu existe bel et bien, Pour un homme politique Français l’holocauste ne serait qu’un « détail de l’histoire de la deuxième guerre mondiale », pour le nouveau maître de l’Iran, » l’Holocauste ne serait qu’un mythe ».  

Témoigner, c'est lutter contre la banalisation des propos négationnistes des falsificateurs de l’histoire toujours actifs, 65 ans après la découverte de l’horreur : «Si aujourd’hui on laisse dire, demain on laissera faire ».

Témoigner c’est croire profondément aux droits de l’homme, droits de l’enfant, dénoncer et lutter contre tout ce qui y portent atteintes.

Témoigner c’est dire les horreurs vécues et connues au nom d’idéologies inacceptables et monstrueuses.

Témoigner c’est rappeler la nécessité du rassemblement des énergies pour lutter au-delà de toutes nos individualités contre l’inacceptable.

Témoigner c’est reconnaître l’exigence quotidienne de faire de tout cela Notre affaire, de ne jamais se laisser contaminer par cela même que l’on veut combattre : le mépris, la haine de l’autre. 

Témoigner c’est : hélas ! surtout dire : ce n’est pas fini … le nazisme a été vaincu, mais  sous d’autres oripeaux les droits les plus élémentaires de l’humanité sont à peu près partout bafoués. C’est notre devoir d’être humain, au delà de l’ignorance et de l’indifférence, de trouver le chemin de résistance et d’efficacité pour construire et consolider sans cesse un monde de paix.

(*) Le Général Eisenhower s'adressant à ses correspondants de guerre

 

Aux manifestations du 8 mai rappelant la capitulation sans conditions des armées de l’Allemagne Nazie, il est question de la victoire des armées alliées, de celle de l’armée des Forces Françaises Libre ( F.F.L.) mais très peu ou pas du tout des Forces Françaises de l’Intérieur ( F.F.I ) : la Résistance. J’ai même surpris lors d’une d’entre elle, une discussion entre deux hommes, l’un d’eux disait « que la Résistance n’était rien d’autre que du folklore et qu’elle avait fait plus de mal que de bien ».

Ces propos m’ont fait l’effet d’une gifle. Je les considère comme une insulte à l’encontre de Jean Moulin mort des tortures infligées par les barbares nazis, insulte au général Delestraint assassiné par les nazis à Dachau, insulte à tous ceux qui n’ont pas eu peur malgré les risques encourus de s’engager, tant sont morts pour défendre les valeurs fondamentales de la France d’avant l’occupation.

La Résistance n’était pas du folklore, ce genre de propos ne peut être tenu que par une méconnaissance grave de la réalité historique ou d’un ex-collaborateur regrettant cette période où  se sont réglées certaines vengeances personnelles et qui a permis à certains de réaliser profits et affaires, comme le marché noir. 

La Résistance a été un élément essentiel dans la réussite du débarquement et de la libération de notre Pays. Ce n’est pas moi qui le dis mais le chef suprême des armées alliées : le Général Eisenhower. Je le cite : « La valeur de l’aide apportée par les Forces Françaises de l’Intérieur représente l’équivalent de quinze divisions, grâce à leur assistance, la rapidité de notre avance en France fut largement facilitée.

Dans son ordre du jour du 19 mars 1946, le Général Marshall rend hommage à la Résistance :  « La Résistance en retardant l’arrivée des renforts allemands, a assuré le succès de nos débarquements de Normandie et de Méditerranée ; sans cette aide des maquis, tout aurait été compromis ».

Le premier juillet 1944, Winston Churchill déclarait que quelques mois seraient nécessaires pour que la jonction entre les forces débarquées en Normandie et celles débarquées dans le Sud se fasse. Grâce aux actions de harcèlement lancées par les maquis (Forces Françaises de l’Intérieur), cette jonction s’est faite en 28 jours. 

 

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Published by jean lafaurie - dans MEMOIRE 1940-1945
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