Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 17:44

Témoignages littéraires

   

"Celui qui se bat peut gagner,

Celui qui ne se bat pas a déjà perdu"

Bertolt Brecht

 

CRIME DE FIDELITE

SPEIDEL, L'AFFRONT FAIT A LA FRANCE

de Jean-Claude FAIPEUR

Le 10 juin 1940, le colonel Hans Speidel prend possession de Paris au nom d’Adolphe Hitler.

De juin 1940 à mars 1942, le colonel Hans Speidel est chef d’état-major du général Otto Stülpnagel, commandant des troupes d’occupation en France. Les deux hommes sont responsables de l’exécution de cinq cent otages Français.

De mai à septembre 1944, le général Hans Speidel, promu chef d’état-major du maréchal Rommel sur le front Ouest, commande les troupes allemandes qui s’opposent aux alliés qui ont débarqué en Normandie.

En 1956, Hans Speidel est nommé commandant en chef des troupes terrestre du Centre-Europe de l’OTAN.

En 1957, cent cinquante fils de martyrs de la Résistance, pupilles de la nation, écrivent au Président de la République (René Coty) qu’ils sont prêts à accomplir leur service militaire, mais en aucun cas sous les ordres d’un général hitlérien, qu’ils peuvent considérer comme l’assassin de leur père.

Le 13 mars 1957, l’un d’eux, Claude Marty est arrêté et emprisonné. Il fera quatorze mois de prison. Vingt-deux autres signataires seront arrêtés. Enfin le 3 mai 1958, ils seront libérés par le gouvernement français qui reconnaîtra la valeur patriotique de leur engagement.

L’auteur,  Jean-Claude Faipeur, qui a été lui-même emprisonné quatre mois à Fresnes, nous relate cette affaire Speidel et la formidable campagne de solidarité qui mobilisa la France. Il brosse également un tableau du général Hans Speidel dans un livre préfacé par Julien Leprêtre et Maurice Voutey.

Je recommande ce livre à tous ceux qui luttent ou ont lutté contre les injustices qui jalonnent notre histoire de France.


Elie Wiesel : Elie Wiesel est déporté à Auschwitz puis à Buchenwald avec son père qu’il verra mourir au terme d’une horrible et longue marche peu avant l’arrivée des alliés. Voila un témoignage sorti de son livre « La nuit » (édition de minuit, Paris)

« (…) Non loin de nous, des flammes montaient  d’une fosse, des flammes gigantesques.

On y brûlait quelque chose. Un camion s’approcha du trou et y déversa sa charge ; c’étaient des petits enfants. Des bébés ! Oui je l’avais vu, de mes yeux vu… Des enfants dans les flammes. Je me pinçais le visage ; vivais-je encore, Etais-je éveillé ? Je n’arrivais pas à le croire. Comment était-il possible qu’on brûlât des hommes, des enfants et que le monde se tût ? Non cela ne pouvait être vrai. Un cauchemar…(…) Jamais je n’oublierai les petits visages des enfants dont j’avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet. Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma foi (…)

Extrait du livre «  La nuit »( Edition de Minuit Paris)

 

Jorge Semprun : « (…) Ainsi, paradoxalement, du moins à première et courte vue, le regard des miens,(…) me renvoyait à la mort,(…) Nous vivions ensemble cette expérience de la mort, cette compassion. Notre être était défini par cela : être avec l’autre dans la mort qui s’avançait. Le regard du SS en revanche, chargé de haine inquiète, mortifère, me renvoyait à la vie. Au fou désir de lui survivre (…) C’était excitant d’imaginer que le fait de vieillir, dorénavant, à compter de ce jour d’avril fabuleux n’allait pas me rapprocher de la mort, mais bien au contraire m’en éloigner

 Extrait de L’écriture ou la vie (Gallimard,Paris)

 

Charlotte Delbo :« (…) Une femme que deux tiennent par les bras. Une juive. Elle ne veut pas aller au 25, c’est-à-dire la phase qui précède la chambre à gaz. Les deux la traînent. Elle résiste. Ses genoux raclent le sol. Son vêtement remonte sur le coup. Le pantalon défait (…) traîne derrière elle retenu aux chevilles.

 « (…)Ma mère c’était des mains, un visage. Ici ils ont mis nos mères nues devant nous, Ici les mères ne sont plus mères à leurs enfants.

« Marie, son père, sa mère, ses frères  et ses sœurs ont été gazés à l’arrivée. Les parents étaient trop vieux, les enfants étaient trop jeunes. Elle a dit : « Elle était belle ma petite sœur ! Ils n’ont pas dû la regarder, S’ils l’avaient regardée, ils ne l’auraient pas tuée. Ils n’auraient pas pu ! »

Extrait de la trilogie (Aucun de nous ne reviendra - Une connaissance inutile.- Mesure de nos jour)

Par jean lafaurie - Publié dans : MEMOIRE 1940/1945
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Commentaires

merci pour votre témoignage, je suis la fille de votre ami JEAN DELBOS qui a lui aussi écrit à titre personnel et j'ai retrouvé votre nom dans ses propos et des faits identiques à ceux que vous rapportez, il était très dur à mon père de raconter l'impensable , mais combien utile et indispensable que les mots soient couchés sur du papier
grand merci,
Commentaire n°1 posté par PERRET COLETTE le 07/09/2010 à 17h07
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